Le cerveau présumé de l'attentat de la rue des Rosiers interpellé en Jordanie

ENQUETE Zouhair Mouhamad Hassan Khalid al-Abassi, alias «Amjad Atta», soupçonné d'avoir supervisé l'attaque en 1982 a été libéré sous caution avec interdiction de voyager...

20 Minutes avec AFP

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Des badauds le 11 août 1982 devant le restaurant Jo Goldenberg de la rue des Rosiers à Paris, pris pour cible d'un attentat deux jours plus tôt qui a fait six morts et 22 blessés
Des badauds le 11 août 1982 devant le restaurant Jo Goldenberg de la rue des Rosiers à Paris, pris pour cible d'un attentat deux jours plus tôt qui a fait six morts et 22 blessés — Joel Robine AFP

Le cerveau présumé de l'attentat de la rue des Rosiers à Paris en 1982 a été interpellé en Jordanie le 1er juin, a appris mercredi l'AFP de source judiciaire française, confirmant une information de l'hebdomadaire VSD. Il a ensuite été remis en liberté sous caution en attendant une décision quant à son éventuelle extradition.

Soupçonné d'avoir supervisé l'attaque

Zouhair Mouhamad Hassan Khalid Al-Abassi, alias «Amjad Atta», 62 ans, fait partie des trois personnes visées par un mandat d'arrêt à diffusion internationale délivré fin février par le juge Marc Trévidic, plus de 32 ans après les faits. Il est soupçonné d'avoir supervisé l'attaque.

Le processus de demande d'extradition le concernant est en cours, a indiqué une source judiciaire. Les deux autres mandats concernent deux membres présumés du commando, Mahmoud Khader Abed Adra, alias «Hicham Harb», 59 ans, qui vit aujourd'hui à Ramallah en Cisjordanie, et Walid Abdulrahman Abou Zayed, alias «Souhail Othman», 56 ans, qui vit en Norvège.

Six morts et 22 blessés

Le 9 août 1982 à la mi-journée, une grenade avait été jetée dans le restaurant de Jo Goldenberg, situé dans le quartier juif du centre de Paris, au coeur du Marais (IVe arrondissement).

L'engin avait explosé au milieu d'une cinquantaine de clients. Deux tueurs étaient ensuite entrés, ouvrant le feu. Composé de trois à cinq hommes armés, selon une source proche du dossier, le commando avait ensuite remonté la rue, vidant en direction des passants les chargeurs de leurs pistolets-mitrailleurs «WZ-63», de fabrication polonaise.

Bilan de cette attaque de trois minutes : six morts et 22 blessés. Une opération attribuée à un groupe palestinien dissident de l'OLP, le Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d'Abou Nidal, décédé en 2002 dans des circonstances mystérieuses.

M. Al-Abassi est considéré comme le numéro 3 du «comité des opérations spéciales» du Fatah-CR, un comité dirigé par Abou Nizar, le bras droit d'Abou Nidal.