Migrants: Il n'y aura «pas de solidarité sans responsabilité» du gouvernement italien, prévient Bernard Cazeneuve

IMMIGRATION Le ministre français de l'Intérieur s'est exprimé à l'issue d'une réunion avec son homologue italien...

20 Minutes avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à Paris, le 7 juin 2015
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à Paris, le 7 juin 2015 — Loïc Venance AFP

La France a demandé mardi à l'Italie de mettre en place un dispositif de sélection des migrants arrivés sur son territoire si elle veut bénéficier de la solidarité de ses partenaires européens via la prise en charge d'un certain nombre de demandeurs d'asile.

«Nous sommes en faveur de la solidarité, mais pas de solidarité sans responsabilité», a soutenu le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, au cours d'un point de presse avec le ministre allemand, Thomas de Maizière, à l'issue d'une réunion avec leur homologue italien, Angelino Alfano.

«S'il n'y a pas responsabilité, alors nous mettons en danger Schengen (l'espace de libre circulation des personnes) et il risque à la fin de ne pas pouvoir y avoir de solidarité du tout», a averti Bernard Cazeneuve. «Il faut construire la solidarité vis-à-vis de nos amis italiens et que nos amis italiens construisent la responsabilité».

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«La création de cellule hot spot en Italie»

«La responsabilité c'est un dispositif qui permette à partir des points d'arrivées des migrants de distinguer ceux qui relèvent de l'asile en Europe de ceux qui relèvent de l'immigration économique irrégulière, et organiser le retour des migrants en situation irrégulière», a-t-il expliqué.

«Cela suppose la création de cellule hot spot en Italie», a-t-il précisé. Il s'agit de centres où il sera procédé à l'identification et à l'enregistrement des arrivants, afin d'opérer la sélection entre ceux qui peuvent bénéficier de l'asile de ceux qui doivent être renvoyés, a souligné Cazeneuve.

«Sinon le mécanisme de relocalisation et de réadmission», proposé par la Commission européenne pour faire partager au sein de l'UE la prise en charge de certains demandeurs d'asile et réfugiés «ne fonctionne pas», a insisté le ministre. C'est cet équilibre que nous sommes en train de construire ensemble, ce n'est pas facile parce que le sujet est d'une extrême complexité».

«Ce qui se passe à Vintimille est un coup de poing à la face de l'Europe»

La France cherche à désamorcer une crise avec l'Italie similaire à celle provoquée en 2011 par la décision du gouvernement dirigé par Silvio Berlusconi de laisser passer les migrants arrivés sur le territoire italien sans les contrôler, pour dénoncer le refus des autres Etats de l'UE de l'aider à gérer les flux migratoires irréguliers.

La France avait alors renforcé les contrôles à Vintimille, comme elle le fait actuellement. «Ce qui se passe à Vintimille est un coup de poing à la face de l'Europe», a dénoncé Angelino Alfano avant de rencontrer ses homologues.

Bernard Cazeneuve, a réaffirmé mardi que la frontière franco-italienne n'était pas «bloquée» à Vintimille, mais que la France fait respecter les règles européennes prévoyant que soient «réadmis» en Italie les migrants enregistrés dans ce pays.