Affaire Bygmalion: Lavrilleux est arrivé chez les juges d'instruction

JUSTICE La cheville ouvrière des meetings de Nicolas Sarkozy en 2012 est entendu dans l'enquête sur des fausses factures durant la campagne présidentielle...

20 Minutes avec AFP

— 

L'ex-directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, le 22 novembre 2012 à Paris
L'ex-directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, Jérôme Lavrilleux, le 22 novembre 2012 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Jérôme Lavrilleux, personnage central de l'affaire Bygmalion et cheville ouvrière des meetings de Nicolas Sarkozy en 2012, était entendu lundi par les juges d'instruction dans l'enquête sur des fausses factures durant la campagne présidentielle.

Celui qui a contribué à révéler le scandale, il y a un an, lors d'une mémorable confession télévisée, risque à son tour une mise en examen, comme dix autres dirigeants de la campagne, ex-cadres de l'UMP ou de Bygmalion, la société prestataire des meetings via sa filiale Event and Cie. Il peut aussi ressortir comme témoin assisté, selon une source proche du dossier.

Lavrilleux est arrivé au pôle financier de Paris peu avant 9h30. Il n'a pas fait de déclaration. Aujourd'hui député européen, dont l'immunité a été levée, l'ancien bras droit de Jean-François Copé était directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Il avait concédé «un dérapage sur le nombre» de meetings

Le 26 mai 2014, il était sorti de l'ombre pour révéler, à la suite de l'avocat de Bygmalion, le recours à un système de fausses factures. Mis en place dans un but: imputer des dépenses à l'UMP pour les sortir du budget officiel de la campagne, afin qu'il reste dans les limites autorisées (22,5 millions d'euros) et ne soit pas rejeté, ce qui a quand même été le cas.

Sur le plateau de BFMTV, la gorge nouée, il avait concédé «un dérapage sur le nombre» de meetings, parlant d'«un train qui filait à toute vitesse». Une confession en forme de contre-attaque, car à l'époque les regards se tournaient vers le patron de l'UMP Jean-François Copé, accusé d'avoir favorisé Bygmalion, la société de communication fondée par ses proches.

Un an plus tard, les enquêteurs ont la conviction que les fausses factures, imputées à l'UMP au titre d'événements fictifs alors qu'elles correspondaient à des meetings de la campagne, s'élèvent à la somme colossale de 18,5 millions d'euros. S'il est le seul côté UMP à avoir reconnu une fraude, la version de Jérôme Lavrilleux ne cadre pas avec les autres.

Des versions qui divergent

En garde à vue en juin 2014, il a réfuté le rôle de donneur d'ordre. Les fausses factures ? Il en avait été simplement informé après une réunion à l'UMP, postérieure à la défaite de Nicolas Sarkozy. Les finances de la campagne ? Ce n'était pas son rôle. Des dirigeants de Bygmalion situent eux la prise de décision fin mars-début avril, soit plusieurs semaines avant le premier tour, et prêtent à Jérôme Lavrilleux l'un des premiers rôles.

Devant les juges, Franck Attal, le patron de la filiale Event and Cie, a affirmé que c'est Jérôme Lavrilleux qui lui avait demandé, au nom du parti, de recourir aux fausses factures. De son côté, l'ex directrice des ressources de l'UMP, Fabienne Liadze, a assuré avoir validé de bonne foi ces mêmes factures, après un feu vert de Jérôme Lavrilleux, en forme de «OK (...) de manière laconique dans le couloir», selon une source proche du dossier.