L'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, le 11 février 2015 à Lille.
L'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, le 11 février 2015 à Lille. — Christophe Ena/AP/SIPA

JUSTICE

Relaxe de Dominique Strauss-Kahn, épilogue de quatre ans de scandales sexuels

L'ancine patron du FMI a vu sa carrière foudroyée en 2011...

La relaxe pour DSK. Poursuivi pour proxénétisme aggravé, Dominique Strauss-Kahn a été relaxé ce vendredi dans l'affaire dite du Carlton de Lille. Ce dénouement clôt l'accumulation depuis quatre ans de scandales sexuels ayant brisé la carrière de l'ancien avori de la course à l'Elysée.

Cela met aussi en cause le sérieux de l'instruction, qualifiée de «château de cartes» par un avocat de DSK au sortir de l'audience. Au total, 12 des 13 prévenus accusés de proxénétisme aggravé ont été relaxés en correctionnelle, conclusion dérisoire d'un monumental procès de trois semaines.

«Comportement de client non répréhensible par la loi»

Ce jugement est pour lui la fin d'une série noire: Celle d'ennuis judiciaires que lui a valu une sexualité qu'il a reconnue au cours du procès sans doute «plus rude» que «la moyenne des hommes».

Une série qui inclut ses ennuis au FMI, fin 2008, avec une employée qui s'était plainte de ses avances appuyées, la spectaculaire affaire du Sofitel de New York en mai 2011, qui avait anéanti sa carrière, même s'il en était sorti sans procès au pénal. Entre-temps, la journaliste Tristane Banon l'avait également accusé d'un viol qui aurait été commis en 2003, avant que l'affaire ne soit classée sans suite.

Le tribunal a estimé que DSK avait eu «un comportement de client non répréhensible par la loi pénale», n'ayant fait que «bénéficier des modalités d'une prestation sexuelle de groupe».

Une seule condamnation pour proxénétisme

Dominique Alderweireld, alias Dodo la saumure, tenancier de maisons closes, et sa compagne Bétraice Legrain, ont été relaxés. Seul René Kojfer, ancien responsable des relations publiques du Carlton, qualifié de «sergent-recruteur de la prostitution lilloise» par le procureur, a été condamné à un an de prison avec sursis, sans la circonstance agravante de la réunion.

«Il a ce sentiment d'être un peu le dindon de la farce, le bouc émissaire d'une affaire qui n'est pas tant juridique au fond qu'une affaire morale», a regretté son avocat Me Hubert Delarue.

En théorie, DSK encourait jusqu'à 10 ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende. Combatif à la barre du tribunal, en février, il avait nié être l'instigateur des soirées libertines auxquelles il participait, et avoir été au courant de la profession des prostituées qu'il y rencontrait.

Lors de la lecture de ses motivations, le président du tribunal a évoqué de multiples imprécisions dans l'instruction, et les contradictions dans les témoignages de prostituées.