Baccalauréat: Plancher ou jeûner, faut-il choisir ?

EDUCATION En France, le ramadan est suivi par près de 70 % des musulmans...

20 Minutes avec agences
Les épreuves du bac débutent le 19 juin.
Les épreuves du bac débutent le 19 juin. — kONRAD K./SIPA

Cette année, début du ramadan tombe au même moment que les épreuves écrites du bac : un défi pour les candidats musulmans qui, selon la tradition, ne peuvent trouver dans les examens un motif valable pour s’abstenir de jeûner. Ainsi, les écrits du baccalauréat général et technologique s’étalent du 17 au 24 juin. Soit sur la première semaine du ramadan, qui commence autour du 18 juin, ce qui ne s’était pas produit depuis une trentaine d’années.

18 heures de jeune la semaine des examens

En France, où vit la première communauté musulmane d’Europe, le ramadan est un rite massivement suivi, avec plus de 70 % voire 80 % de jeûneurs, selon les études. Durant ce mois sacré, les musulmans sont invités à s’abstenir de boire, de manger et d’avoir des relations sexuelles, des premières lueurs de l’aube (dès que l’on peut « distinguer un fil blanc d’un fil noir », prescrit le Coran) jusqu’au coucher du soleil. Soit environ 18 heures (de 3h50 jusqu’à presque 22h00) de jeune la semaine des examens, qui sonnera aussi le début de l’été, avec les jours les plus longs et un risque de températures élevées.

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Pas un motif valable pour s’abstenir de jeûner

« Passer un examen n’est pas considéré comme une raison valable d’abandon du jeune », confirme Anouar Kbibech, prochain président du Conseil français du culte musulman (CFCM). Dans les faits, le jeûne, quatrième pilier de l’islam, s’impose à tout musulman pubère.

Néanmoins, des dispenses appelant des compensations (par un jeûne différé) sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d’accoucher. Mais, théoriquement, ni pour les travailleurs ni pour les candidats à des examens. « Il peut cependant y avoir des situations où la personne n’arrive pas à assumer le jeûne. A l’impossible nul n’est tenu », ajoute Anouar Kbibech, comme en écho à un passage du Coran (« Dieu veut pour vous la facilité et non la difficulté »).

Celui-ci se souvient d’avoir jeûné alors qu’il passait des oraux d’admission en écoles d’ingénieurs. « Les deux ou trois premiers jours c’est difficile, mais après le corps s’habitue. Et il peut même y avoir un moment, en début d’après-midi, où le corps se trouve dans un état d’euphorie ».

Un stress supplémentaire

« Sur Twitter, les jeunes disent on va morfler », relate Fateh Kimouche (qui officie sour le pseudo al-Kanz, NDLR), blogueur à l’affût de ce qui se dit sur la Toile musulmane. « Ils appréhendent et c’est légitime, deux stress se cumulent », ajoute-t-il, sans exclure que des parents inquiets des performances de leurs enfants « fassent pression pour leur interdire de jeûner ».

Mais pour ce musulman orthodoxe, « le problème ce n’est pas le ramadan, c’est soi-même. C’est sûr que le jeûne est plus facile à supporter si on ne fait pas d’orgie le soir », lors du repas de l’iftar, explique-t-il. « Beaucoup se sentent plus léger, se sentent mieux lors du ramadan », assure-t-il en vantant ses vertus d'« ascèse spirituelle » et de « thérapie corporelle ». Avec ou sans examen à passer.