Dominique Strauss-Kahn veut tirer un trait définitif sur l’affaire dite du «Carlton»

JUSTICE Le tribunal correctionnel de Lille (Nord) rend son jugement, ce vendredi, dans cette affaire où l’ancien patron du FMI est accusé de « proxénétisme aggravé »…

Vincent Vantighem

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L'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn quitte son hôtel lillois pour se rendre au tribunal le 12 février 2015
L'ex-patron du FMI Dominique Strauss-Kahn quitte son hôtel lillois pour se rendre au tribunal le 12 février 2015 — Philippe Huguen AFP

« Ça m’étonnerait qu’il ne soit pas là… » Selon un de ses proches, Dominique Strauss-Kahn devrait être présent, ce vendredi à Lille (Nord), pour entendre le jugement du tribunal correctionnel dans l’affaire dite du « Carlton ». L’ancien favori des sondages en vue de l’élection présidentielle de 2012 espère bien tirer un trait définitif sur cette affaire qui a ruiné ses espoirs d’emménager un jour à l’Elysée.

Ce que les soirées du Carlton nous ont appris de la vie sexuelle de DSK

Comme elle l’avait fait avant l’audience, son équipe d’avocats a décidé de garder un silence quasi absolu dans l’attente de ce jugement. « Tout ce que je peux dire c’est que l’audience s’est bien passée », concède simplement Richard Malka, un des défenseurs de l’ancien patron du Fonds monétaire international.

Après quatre ans d’instruction aussi médiatique que polémique et trois semaines d’audiences électriques en février, le parquet a, en effet, requis la relaxe « pure et simple » de Dominique Strauss-Kahn. Accusé de « proxénétisme aggravé », DSK a bien reconnu à la barre avoir « une sexualité un peu plus rude que la normale » mais rien n’a permis d’établir qu’il connaissait le statut de prostituées des jeunes femmes avec qui il couchait à Lille, Paris, Bruxelles ou Washington.

Roland-Garros et conférence sur le sexisme

Très discret depuis le procès, celui qui est désormais conférencier international a refait surface ces deux dernières semaines dans la vie parisienne. On l’a vu dans les allées de Roland-Garros et même dans les rangs du public d’une conférence TED consacrée au sexisme où il accompagnait sa compagne et à laquelle il s’est endormi, selon une participante interrogée par 20 Minutes.


Est-ce à dire que l’ancien ministre de l’Economie envisage un retour aux affaires si le tribunal le relaxe ? « Je ne pense pas, analyse Michel Taubmann, son biographe qui l’a encore « épisodiquement » au téléphone. Il y a trois ans encore, il n’avait pas perdu espoir de revenir en politique. Mais aujourd’hui, tout ça est bien loin derrière lui… »

Le 30 mai 2015. Dominique Strauss-Kahn assiste à un match à Roland-Garros. - NIVIERE/SIPA

Un déménagement au Maroc

Après l’épisode du Sofitel de New York, Dominique Strauss-Kahn a vu, avec l’affaire dite du « Carlton », le reste de sa vie privée et sexuelle étalée dans les médias, jour après jour. « Il est constamment chassé par les photographes, reconnaît un élu qui l’a croisé à la finale de la Coupe de France de football. Voir chacun de ses faits et gestes épiés doit lui être invivable… »

Le 30 mai 2015. Dominique Strauss-Kahn assiste à la finale de la Coupe de France. - Jacques Brinon/AP/SIPA


C’est sans doute en partie pour cette raison que l’ancien patron du FMI vit désormais au Maroc où il possède un riad. En avril, Paris Match a ainsi révélé que DSK avait tout simplement fermé sa société Parnasse qui était immatriculée dans le 14e arrondissement de Paris. C’est donc depuis Casablanca qu’il gère ses affaires courantes de conseil auprès de grandes sociétés et même, par moments, de gouvernements.

Revivez l’audition de DSK devant le tribunal de Lille

« Vous étiez l’un des hommes les plus puissants de la planète », avait avec justesse noté le président du tribunal lors de l’audience. Le serait-il encore aujourd’hui ? En janvier, un sondage Odoxa pour Le Parisien révélait que 79 % des Français sont convaincus qu’il ferait un meilleur président de la République que François Hollande. Pour autant, selon ses conseillers en communication, Dominique Strauss-Kahn n’a pas prévu de s’exprimer dans le débat public prochainement.