La détox, c’est dans la tête

TENDANCES Pour savoir si la «détox», ça marche, j’ai testé une alimentation à base de jus de fruits…

Audrey Chauvet
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Cure détox, illustration.
Cure détox, illustration. — A.Chauvet/20Minutes

On ne dit plus «je fais un régime», on dit «je suis en détox». Ni cure minceur ni traitement médical, la détox est la nouvelle marotte des filles au teint brouillé par la pollution, au sommeil perturbé par les soucis et au foie endommagé par les soirées festives: pendant quelques jours, on mange beaucoup de fruits et légumes frais et on bannit laitages, sucre et excitants comme le café. A la sortie, on en censée avoir nettoyé son corps de toutes ses toxines: on est plus en forme, le teint est plus frais et on peut même espérer quelques grammes en moins sur la balance.

Popularisée par Beyoncé ou Gwyneth Paltrow, la détox est devenue un créneau prometteur pour les marques de tisanes, jus de fruits et cosmétiques. Jusqu’à ce qu’un article du quotidien britannique The Guardian, paru début 2015, sème le doute: des médecins y affirment qu’il est impossible de nettoyer son organisme des impuretés apportées par l’alimentation et la pollution. Pour en avoir le cœur net, j’ai décidé de mettre mon corps à l’épreuve. 

Carotte-pomelo ou épinard-fenouil?

L’idéal pour entreprendre une cure détox est de choisir un week-end calme, où l’on pourra se détendre, faire du yoga, s’offrir des massages et gommages, et bien dormir. Loupé pour cette fois, j’ai un programme bien chargé. J’opte donc pour une détox radicale qui va m’éviter les courses et la cuisine: la marque Nubio propose une cure de jus de fruits et légumes frais et bio, à raison de quatre bouteilles de 500ml par jour, pendant trois jours. Chiche.

 

Les compositions des jus peuvent faire peur: carotte-pomelo pour le petit-déj, épinard-fenouil pour le déjeuner, carotte-fenouil pour le goûter et carotte-orange pour le dîner. En fait, c’est plutôt bon et «il n’y a pas de risque de carences, assure Claire Nouy, cofondatrice de Nubio. La cure apporte toutes les vitamines et minéraux nécessaires, ainsi que des protéines. En revanche, on consomme moins de glucides et de calories que dans une journée classique pour que l’organisme se repose.»

Les frites, c’était pas au programme

Mon corps a peut-être tout ce qu’il lui faut mais au soir du premier jour de cure, la faim me taraude. «L’idée n’est pas de se frustrer, conseille Claire Nouy. On peut croquer des produits bruts, se faire des purées, des compotes, des soupes.» Encore des fruits?... Pour la première fois de ma vie, je salive à l’idée de manger des galettes de riz.

Deuxième jour: la dalle, le retour. Je ne ressens pas tellement les bienfaits de la détox hormis le ventre qui gargouille. Le soir, j’ai rendez-vous avec des amis dans un bar. J’ai envisagé de m’y rendre avec ma bouteille de carotte-orange-céleri et ma paille, mais la réalité m’a vite rattrapée. «Si on a beaucoup de sollicitations sociales, c’est compliqué», admet Claire Nouy. Tu m’étonnes: se rendre dans un endroit où on sert des frites quand on a très faim, c’est le carnage assuré. Je rentre donc chez moi avec une détox baignant dans l’huile. Heureusement, le troisième jour, j’ai été exemplaire et j’ai même senti les bienfaits de tous ces légumes sur mon corps intoxiqué de gras.

 

«Slow life»

Bilan de la détox: j’ai eu souvent faim, j’ai craqué sur des frites et je n’ai pas eu le temps de me «détoxifier» l’esprit. Le bénéfice m’a semblé bien moindre que lorsque j’avais profité de week-ends vraiment calmes pour décompresser et manger léger. «L’idée de la cure est celle de la "slow life": on essaye de ralentir le rythme, d’être dans ce qu’on fait au moment présent, de prendre ce temps de recul pour voir ce qui se passe dans son corps. C’est une expérience sur soi», reconnaît Claire Nouy. Finalement, la détox, c’est surtout dans la tête que ça se passe.