Près de 20% des Français concernés par la consommation ou le trafic de drogue dans leur quartier

ETUDE L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) s'est penché sur la gêne que ressentent les Français face à la consommation de drogue près de chez eux...

Lison Lagroy

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Les zones sensibles sont plus touchées par les phénomènes de gêne.
Les zones sensibles sont plus touchées par les phénomènes de gêne. — Jeff Chiu/AP/SIPA

Déterminer si le fait d’observer des phénomènes de drogue dans son quartier est générateur d’embarras. C’est l’idée d’une nouvelle étude dirigée par l’Insee – ONDRP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales) et publiée ce jeudi*.

Principalement des jeunes et des femmes

Au total, près de 19 % des personnes interrogées ont déclaré avoir observé des phénomènes de consommation ou de trafic de drogue dans leur quartier (ou leur village) au cours des 12 mois qui ont précédé l’enquête. Et parmi les sondés, 52 % se sont dit « gênés ou très gênés », soit 9 % de la population totale.

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Les jeunes adultes (14 à 29 ans) sont ceux qui observent le plus des phénomènes de drogue. Pourtant, cette classe d’âge n’est pas la plus gênée de ce qu’elle voit. A l’inverse, les femmes se déclarent plus gênées (57 %) que les hommes (48 %) quand elles observent ce type de phénomènes.

Les zones sensibles sont très touchées

Les habitants des zones urbaines sensibles (ZUS) sont davantage concernés (38 %) que ceux des villes hors de ces zones (21 %) ou des zones rurales (10 %). Résultat : 69 % des résidants des ZUS se disent gênés, contre 51 % hors des ZUS et 43 % en zone rurale.

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Les trois problèmes principaux évoqués dans l’enquête sont l’occupation des lieux du quartier pour consommer de la drogue, en revendre, ou les déchets laissés libres. Au final, 71 % des interrogés cumulent l’observation de ces trois phénomènes, quand 41 % sont confrontées à un problème unique.

Les individus les plus gênés par la situation sont ceux qui ont vu des revendeurs de drogue ainsi que des déchets liés à la consommation (82 %). « En comparaison, seulement 36 % des personnes qui observent uniquement des consommateurs de drogue se disent gênées », précise l’enquête.

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*Etude basée sur l’enquête de victimation « Cadre de vie et sécurité » réalisée sur près de 98.000 personnes de 14 ans et plus, entre 2009 et 2014.