VTC: nouvelle manifestation des taxis nantais pour protester contre l'arrivée d'Uber

France Une centaine de taxis menaient mardi matin une opération escargot sur le périphérique de Nantes pour protester contre l'arrivée du service controversé de l'américain Uber dans la ville, a-t-on appris de sources syndicales.

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Des chauffeurs de taxi bloquent l'accès à un hôtel avant une session de recrutement par la société Uber à Nantes le 8 juin 2015
Des chauffeurs de taxi bloquent l'accès à un hôtel avant une session de recrutement par la société Uber à Nantes le 8 juin 2015 — GEORGES GOBET AFP

Une centaine de taxis menaient mardi matin une opération escargot sur le périphérique de Nantes pour protester contre l'arrivée du service controversé de l'américain Uber dans la ville, a-t-on appris de sources syndicales.

Les chauffeurs de taxis, «roulant à 7-8 km/h», bloquaient le périphérique de Nantes «dans les deux sens», occasionnant plusieurs kilomètres de bouchons, a indiqué à l'AFP Sébastien Leclair, du syndicat professionnel des artisans taxis de Loire-Atlantique, le CPAT 44.

Ils devaient converger en milieu de matinée dans le centre de Nantes pour «paralyser la circulation des tramways» et bloquer les abords de la préfecture, a-t-il affirmé.

Les taxis demandent au préfet de Loire-Atlantique de prendre un arrêté interdisant les activités d'UberPOP, un service controversé à prix cassés de la société américaine Uber, leader mondial de la mise en relation avec des voitures de transport avec chauffeur (VTC).

«Nous ne bougerons plus de la rue tant que nous n'aurons pas eu gain de cause», a prévenu Chantal Buzer, secrétaire du Syndicat des taxis de Loire-Atlantique (STLA).

Déjà disponible à Paris, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux et Nice, Uber a annoncé lundi son arrivée à Strasbourg, Marseille et Nantes, provoquant dans ces deux dernières villes des opérations de taxis pour empêcher la tenue d'une réunion de recrutement de chauffeurs UberPOP.

Ce service a été interdit fin mai par le préfet du Nord pour «concurrence déloyale» vis-à-vis des VTC et des taxis.

En Ile-de-France, l'usage d'une voie de l'autoroute A1 réservée aux taxis et aux autobus entre l'aéroport de Roissy et Paris a été suspendue lundi par le tribunal administratif de Montreuil.

Un arrêté en vigueur depuis fin avril prévoyait qu'un segment de 5 km dans le sens Roissy-Paris, la voie de gauche, soit exclusivement dédié de 06h30 à 10h00 en semaine, hors période estivale, à certains types de véhicules afin de leur faire gagner quelques précieuses minutes en période de pointe.

Etaient concernés les taxis, les bus de la RATP (lignes 252, 350 et Roissybus), les utilitaires du réseau PAM (transport de personnes âgées ou handicapées) et les Cars Air France exploités par Keolis, filiale du groupe SNCF.

Les VTC, qui en sont exclus, y voyaient un avantage concurentiel indu pour les taxis et ont demandé son annulation.

Saisi pour se prononcer en urgence, le tribunal a suspendu lundi l'arrêté créant cette voie.

«Le tribunal confirme la nécessité d'avoir une égalité de traitement entre VTC et taxis réservés», explique Benjamin Cardoso, fondateur de LeCab et président de la Fédération française du transport de personnes sur réservation (FFTPR).

«C'est un raccourci dangereux», a réagi de son côté Yann Ricordel, directeur général des taxis bleus. «Car le juge ne s'est prononcé qu'en référé (en urgence, NDLR) et cette décision ne préjuge en rien de la décision finale» qui ne sera pas rendue avant plusieurs mois.