Valls, Sarkozy, Hollande… Ces voyages en avion qui ont fait polémique

POLITIQUE Le déplacement de Manuel Valls à Berlin à bord d’un avion gouvernemental n’est pas la première polémique du genre…

Audrey Chauvet

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L'avion présidentiel, un Falcon 7X (photo prise le 26 mai 2011 à l'aéroport de Deauville)
L'avion présidentiel, un Falcon 7X (photo prise le 26 mai 2011 à l'aéroport de Deauville) — AFP PHOTO / DAMIEN MEYER

Les voyages en avion font souvent des vagues. Bien avant la polémique sur le déplacement de Manuel Valls ce samedi à Berlin à bord d’un Falcon de l’Etat, d’autres politiques avaient été critiqués sur leur utilisation d’avions à des fins privés.

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Nicolas Sarkozy, en jet et contre tout

En 2011, Nicolas Sarkozy s’était éclipsé pour un week-end New York avec son fils Louis à bord d’un Falcon de l’Etat. Rien de scandaleux dans ce cas puisque le Président avait alors payé le forfait correspondant à un vol sur des lignes régulières et devait, pour des raisons de sécurité, utiliser cet avion privé. A la fin de son mandat présidentiel, Nicolas Sarkozy avait suscité la polémique à cause des déplacements effectués pendant la campagne de 2012: déplacements officiels de président ou de candidat ? François Hollande avait alors dénoncé une « confusion des genres ». Quelques années plus tard, Nicolas Sarkozy semble avoir gardé le goût des escapades en jet : pour se rendre à un meeting de l’UMP au Havre le 26 mai dernier, il s’est offert un aller-retour en jet privé à 3.200 euros aux frais de son parti.

François Hollande, la victoire en volant

François Hollande n’a pas attendu longtemps avant de prendre l’air : au soir de sa victoire le 6 mai 2012, il a quitté son fief de Tulle pour rejoindre la grande fête place de la Bastille en empruntant un jet privé. C’est le Parti socialiste qui avait payé les 30.000 euros qu’avaient coûtés les deux avions Falcon qui avaient acheminé le nouveau Président, son équipe de campagne et les médias invités.

Alain Joyandet, la polémique Martinique

En 2010, celui qui était alors secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie avait loué un jet privé aux frais du gouvernement pour se rendre à une conférence internationale en Martinique. Les lignes régulières auraient été incompatibles avec l’emploi du temps d’Alain Joyandet, avait assuré son entourage. Le déplacement avait coûté 116.500 euros, le même voyage avec un avion affrété par le ministère de la Défense aurait été facturé 100.000 euros.

Christian Estrosi, Washington express

En 2008, le maire de Nice était secrétaire d’Etat à l’Outre-mer et c’est à bord d’un jet privé qu’il s’était rendu à Washington pour défendre l’inscription du récif corallien de Nouvelle-Calédonie au patrimoine mondial de l’Unesco. Il devait rentrer à Paris en urgence pour participer à un « pot » des sarkozystes à l’Elysée. Le voyage avait coûté 138.000 euros. Christian Estrosi s’était défendu d’avoir validé la facture : « Bien évidemment, si on m’avait soumis ce devis, je ne l’aurais pas accepté », s’était-il récrié.

Vacances, j’oublie tout

Michèle Alliot-Marie à bord du jet d'un homme d'affaires présenté alors comme proche du clan de l’ex-président tunisien Ben Ali, François Fillon transporté par la flotte de l’ancien président égyptien Hosni Moubarak : les vacances du gouvernement de Nicolas Sarkozy avaient provoqué la polémique en 2011. Michèle Alliot-Marie, qui était alors ministre des Affaires étrangères, avait évoqué un « hasard » pour justifier son voyage. Quant à François Fillon, alors Premier ministre, il avait lui reconnu avoir emprunté un avion de la flotte gouvernementale égyptienne pour relier Assouan à Abou Simbel pour des visites touristiques.