VIDEO. Vision rigoriste de l’Islam ou djihadistes? Le groupe Forsane Alizza devant le tribunal

JUSTICE Le tribunal correctionnel de Paris juge à partir de ce lundi «Les cavaliers de la Fierté»…

W.M. avec AFP

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Mohammed Achamlane porte-parole de Forsane Alizza, groupuscule islamiste, tient une conférence de presse, le 27 janvier 2012 à Paris

Mohammed Achamlane porte-parole de Forsane Alizza, groupuscule islamiste, tient une conférence de presse, le 27 janvier 2012 à Paris — Fred Dufour AFP

Réel risque terroriste ou rigorisme religieux ? Quinze individus, appartenant au groupe Forsane Alizza, « Les cavaliers de la Fierté », comparaissent ce lundi jusqu’au 23 juin pour participation à un groupe formé en vue de la préparation d’actes terroristes.

Au cœur du dossier, figure Mohamed Achamlane, 37 ans, présenté comme l’« émir » du groupe. Officiellement, cet habitant de la banlieue de Nantes a fondé le site internet Forsane Alizza pour lutter contre l’islamophobie. Mais face à certains propos jugés trop virulents, il est renvoyé devant le tribunal en 2011 pour provocation à la discrimination raciale ou religieuse.

« On va lui mettre des cicatrices à la France »

Le groupe organise même des manifestations et s’invite avec fracas dans des prières de rues de la capitale. Il est finalement dissous par le ministère de l’Intérieur en janvier 2012, qui l’accuse de prôner la lutte armée. Début mars, une enquête est ouverte et les membres du groupe suivis de près par les services de renseignement. Sur Internet, Achamlane s’intéresse au réglage de lunettes de fusil et aux gilets pare-balles. Dans un chat privé, il écrit : « Par Allah tout puissant, on va lui mettre des cicatrices à la France ».

C’est en pleine campagne présidentielle et quelques semaines seulement après les tueries de Mohamed Merah que le filet des policiers se resserre sur les membres du groupe. Chez Achamlane, trois armes de poing sont saisies, ainsi que trois fusils d’assaut démilitarisés. Chez d’autres, un revolver, un pistolet, une carabine… A l’époque, Nicolas Sarkozy parle d’« éléments extrêmement sérieux ». Mais le procureur de la République évoque uniquement un projet, sans « tentative de commencement d’exécution ».

« Rien de tangible »

Des enquêteurs évoquent, au fil de l’instruction, un projet d’enlèvement d’un magistrat à Lyon. Sur l’ordinateur de l’émir, des « consignes de recrutement » sont retrouvées. Mais pour son avocat, la justice n’a rien de concret contre son client. « On fait de cette propagande une association de malfaiteurs en considérant que l’islam rigoriste prôné par Forsane Alizza aurait en quelque sorte couvert la préparation d’actes terroristes. Mais dans les faits, rien de tangible n’a été démontré », explique Me Bérenger Tourné.

« On cherche à sanctionner un groupe d’individus non pas parce qu’il a entrepris la préparation d’une action terroriste, mais seulement parce qu’on a la conviction qu’il pouvait potentiellement le faire, ce qui n’est pas admissible », défend-il. Les prévenus risquent jusqu’à 10 ans de prison.