Suicide d'un lycéen «en ligne»: La police cherche à savoir avec qui il dialoguait

FAITS DIVERS Le jeune homme de 18 ans était en conversation, jeudi soir, sur le réseau Skype...

M.G. avec AFP

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Le 26 fevrier 2015. Illustration police. F.Lodi / Sipa
Le 26 fevrier 2015. Illustration police. F.Lodi / Sipa — SIPA

La police cherche à savoir « avec qui » dialoguait sur Internet un lycéen de Castelsarrasin (Tarn-et-Garonne) qui s’est suicidé d’un coup de couteau dans le coeur, jeudi soir dans sa chambre, alors qu’il était « en ligne », a-t-on appris ce samedi de source judiciaire.

« Le jeune garçon était sur la toile, c’est la raison pour laquelle nous avons saisi le matériel informatique pour analyse », a expliqué la vice-procureure de la République de Montauban, Véronique Benlafquif, au correspondant de l’AFP. « Nous travaillons sur le fait de savoir avec qui il était en ligne au moment des faits tragiques », a ajouté la magistrate.

« Jeune sans histoire »

Selon le maire de Castelsarrasin (26.000 habitants), Jean-Philippe Besiers, « ce jeune de 18 ans sans histoire, s’est donné un coup de couteau en plein coeur ». « C’est un drame pour la commune. C’est son père qui l’a découvert dans cet état. Les secours n’ont rien pu faire pour le ramener à la vie », a ajouté l’élu qui s’était rendu sur les lieux jeudi soir.

Selon RTL, le garçon dialoguait sur skype et se serait tué « de peur qu’une vidéo intime dans laquelle il apparaissait ne soit diffusée sur Internet ». Sous le titre « piégé sur internet, le lycéen se suicide », le quotidien régional La Dépêche du Midi a également affirmé samedi que les enquêteurs de la police judiciaire de Toulouse tentaient de retrouver la trace d'« un maître chanteur ». Selon le journal, l’élève de terminale en lycée professionnel avait été « pris de panique » quand « une fille » lui avait réclamé de l’argent en menaçant de diffuser une vidéo intime.

« Enquête nécessairement longue »

Mais la vice-procureure s’est montrée prudente à ce sujet : « A l’heure qu’il est, je ne peux dire qu’il y a eu échange de film ou de photos, ce que j’entends beaucoup », a-t-elle dit au correspondant de l’AFP. « Tout est possible. C’est bien la raison pour laquelle nous avons ouvert une enquête préliminaire (…) On va étudier toutes les pistes. L’enquête sera nécessairement longue », a-t-elle dit.

Pour la magistrate du parquet, ce drame est cependant « l’occasion de rappeler que les gens sont beaucoup trop naïfs sur le Net ». « Il y a beaucoup d’arnaques que cela soit sexuel ou autre, comme dans le domaine du travail ».