Publication des noms d'agents de la DCRI: La condamnation de journalistes réclamée en appel

JUSTICE Les trois journalistes du Canard enchaîné sont les premiers à être poursuivis en vertu de la loi sur la sécurité intérieure de 2011…  

20 Minutes avec AFP

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Image d'illustration.
Image d'illustration. — C. Allain / APEI / 20 Minutes

La condamnation « pour le principe » de trois journalistes et d’un éditeur, accusés d’avoir révélé l’identité d’agents de la DCRI dans un livre, a été réclamée vendredi devant la cour d’appel de Paris.

Les trois journalistes, Olivia Recasens et Christophe Labbé du Point et Didier Hassoux du Canard enchaîné, sont les premiers à être poursuivis en justice en vertu de la loi Loppsi 2 sur la sécurité intérieure de mars 2011, qui punit de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende « la révélation de toute information qui pourrait conduire, directement ou indirectement, à la découverte de l’identité (…) d’un agent des services spécialisés de renseignement. »

Un texte « liberticide », selon l’avocate des journalistes

Les noms de cinq membres de la Direction du renseignement intérieur (DCRI) sont cités dans le livre L’espion du président (Ed. Robert Laffon) paru en janvier 2012. Dans l’ouvrage, les prévenus dressent un portrait au vitriol de Bernard Squarcini, numéro un de la DCRI sous Nicolas Sarkozy, accusé d’avoir instrumentalisé ce service de renseignement au profit de l’ancien président.

L’avocate des journalistes et de l’éditeur, Me Anne Boissard, a dénoncé pour sa part la tartufferie d’un texte « liberticide » qui a surtout pour but « de museler la presse et tous les curieux ».