Congé sans solde: «J'ai pris 9 mois de break, mes amis m'ont dit que j'étais folle»

VOUS TÉMOIGNEZ Trois internautes de « 20 Minutes » racontent dans quelles conditions elles ont obtenu un congé sans solde (ou un congé sabbatique)…

Christine Laemmel

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Dans le Colorado
Dans le Colorado — cc @ldandersen

« Besoin de perdre ses repères » ou de les construire, en « profitant de [son] bébé ». Le congé sans solde ou le congé sabbatique répondent à des intérêts à chaque fois différents. Seul point commun : l’absence de salaire. Pourtant, aucun des internautes de 20 Minutes qui a témoigné, ne semble regretter son choix. Emilie, Coralie et Hélène racontent.

>> Notre appel à témoignage : Et toi, c’était comment ton congé sans solde ?

>> Les conseils du coach emploi : Comment demander un congé sabbatique sans passer pour un fainéant

Emilie, 9 mois pour réfléchir sur son avenir : « Mes amis m’ont dit que j’allais passer pour une employée pas motivée »

34 ans. Un CDI au service client d’une grande boite. Un copain qui vit en Espagne. Paris qui lui file un « mal-être ». Une envie de savoir si elle est prête à « construire quelque chose ». Le congé sabbatique est apparu aux yeux d’Emilie comme l’opportunité d’un bilan. Le déclic s’est produit quand sa sœur, propriétaire d’un restaurant dans le Vaucluse, lui propose de venir changer d’air. « J’en ai parlé à ma responsable en juin 2014. Elle m’a encouragée. » Le 30 janvier, c’est le grand départ. « Au début, mes amis me disaient que j’étais folle. Que j’allais louper des opportunités d’évolution. Que le management me verrait comme une personne moins motivée. » Une fois l’effet de surprise passé, les regards changent : « Tout le monde me disait que sans crédit et sans enfants, ils le feraient aussi. Déprimant, je trouve. » Après un trip de cinq semaines aux Etats-Unis, Emilie joue la serveuse dans le sud. Son copain la rejoint. Tout va bien… mais Paris lui manque. A quasiment mi-parcours, le premier bilan tombe : « L’idéal serait un travail de chez moi. Comme ça, je pourrais vivre un peu partout. Ne reste plus qu’à trouver cet emploi de rêve. »

Coralie, deux semaines et « un gros besoin de vacances » : « Ma santé s’est nettement améliorée à mon retour »

Trois ans sans aucun jour de vacances, ça fait long. Quand les ennuis de santé viennent se greffer, c’est intenable. « J’ai enchaîné quatre CDD en tant qu’auxiliaire de vie. Quand j’ai enfin signé mon CDI, j’étais au bout du rouleau, je ne pensais qu’à mes vacances. Juste au moment où on m’a décelé une maladie auto-immune. » Après un arrêt maladie, Coralie reprend le travail, le besoin de se retrouver en famille venant s’ajouter à celui de repos. « J’ai contacté ma directrice, qui a tout de suite compris. J’ai demandé à partir deux mois en cumulant tous mes congés payés, mes RTT et en comblant avec deux semaines de sans solde. » Deux mois en tout, que Coralie passe à la Réunion, hébergée par sa famille. « Mes supérieures ont été fabuleuses et ma santé s’est nettement améliorée à mon retour. »

Hélène, un an pour s’occuper de sa fille prématurée : « Ma direction refusait de me passer à temps partiel »

Assistante de recrutement, Hélène accouche en août 2002, d’une petite fille prématurée. « Il était inconcevable pour moi de reprendre mon travail à temps complet. » Face au refus de sa direction de la passer à temps partiel, Hélène demande un congé sabbatique. « Mon mari étant artisan, je savais bien que deux salaires étaient nécessaires. » Pendant que lui fait des heures supplémentaires le week-end, Hélène trouve un temps partiel dans une autre entreprise. « La débrouille ». Au terme de son congé, elle obtient une rupture conventionnelle. « Le bilan est très positif pour moi. Cela m’a permis de m’occuper de ma fille et de passer à autre chose. »