Polytechnique: Un rapport pour redynamiser l'école militaire

EDUCATION Objectifs des mesures contenues dans le rapport commandé par le Premier ministre à l’économiste Bernard Attali: adopter une stratégie de croissance pour éviter un « dépérissement » de l'X...

B.D. avec AFP

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Des élèves de Polytechnique défilent le 14 juillet 2014 sur les Champs-Elysees, à Paris.
Des élèves de Polytechnique défilent le 14 juillet 2014 sur les Champs-Elysees, à Paris. — AFP PHOTO / STEPHANE DE SAKUTIN

« Trop petite », « trop peu visible à l’international », « trop faible diversité sociale » : un rapport sur Polytechnique commandé par le Premier ministre et dont les contours seront prochainement dévoilés, met en lumière les défaillances de la prestigieuse école.

« Dans un monde de l’enseignement supérieur totalement mondialisé », l’Ecole polytechnique -école militaire surnommée l’X sous la tutelle du ministère de la Défense et, dans une moindre mesure, du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche- doit « impérativement » adopter une stratégie de croissance pour éviter un « dépérissement » prévient l’économiste Bernard Attali, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes et président d’honneur d’Air France, dans un rapport, dévoilé par le site du quotidien Le Monde.

«Trop faible diversité sociale »

Le rapporteur préconise notamment un « regroupement des dix grandes écoles scientifiques dont l’X » en une « Ecole Polytechnique de Paris » pour être plus visible et obtenir de meilleurs résultats dans les classements internationaux.

Dans son analyse, Bernard Attali souligne « la trop faible diversité sociale qui caractérise les promotions ». Il préconise de créer un « internat de la réussite » dédié aux élèves boursiers des lycées sur le campus de Saclay (Essonne), « tripler le recrutement universitaire », construire une « voie par alternance » ou encore créer un « accès post-bac » à l’Ecole.

Le rapport suggère également de mettre fin à la solde (473 euros par mois en 2014) perçue par le étudiants, qui ont le statut d’officiers sous contrat et s'engagent en contrepartie à travailler dix ans dans un corps de l’Etat à leur sortie d’école. « Comment la justifier ? », s’interroge Bernard Attali, alors que « moins de 20 % » des élèves rejoignent un corps de l’Etat. Cette solde pourrait se muer en « bourses » versées aux élèves, suggère-t-il.

Reléve « très significative » des frais de scolarité

Un décret publié au Journal officiel fin mai oblige dorénavant les élèves de l’X à rembourser leurs frais de scolarité (environ 45.000 euros), « la pantoufle », s’ils ne répondent pas à cette exigence. Bernard Attali propose également de multiplier par quatre le nombre d’étudiants internationaux, et pour financer ce recrutement de relever « très significativement » les frais de scolarité.

Le rapport recommande par ailleurs de supprimer le classement de fin sortie de l’X, remplacé par « une sélection sur dossier et un entretien de motivation ». Ce nouveau rapport fait suite à un document publié en septembre par le député UMP François Cornut-Gentille (Haute-Marne), intitulé Polytechnique : l’X dans l’inconnu, dans lequel le parlementaire épingle un « curieux modèle d’autogestion à la française ».