Arrêt des soins de Vincent Lambert: «Un grand pas pour notre humanité»

REACTIONS La Cour européenne des droits de l’Homme a validé ce vendredi l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert...

Bérénice Dubuc

— 

Rachel Lambert, qla femme de Vincent Lambert, hospitalisé en unité de soins palliatifs au CHU de Reims, lors de l'audience à la Cour européenne des droits de l'Homme, à Strasbourg, le 5 juin 2015. Lancer le diaporama
Rachel Lambert, qla femme de Vincent Lambert, hospitalisé en unité de soins palliatifs au CHU de Reims, lors de l'audience à la Cour européenne des droits de l'Homme, à Strasbourg, le 5 juin 2015. — AFP PHOTO / PATRICK HERTZOG

La Cour européenne des droits de l’Homme a validé ce vendredi l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert. Une décision contestée par certains et saluée par d’autres.

Jérôme Triomphe, l’un des avocats de la mère de Vincent Lambert, qui s’est dite « scandalisée » par la décision de la CEDH et veut continuer à se « battre », a ainsi jugé que « cet arrêt est tellement grossier qu’il en perd toute légitimité. Nous ne laisserons pas quelques robes noires et blouses blanches mettre à mort Vincent Lambert qui est sans défense », s’est-il emporté à la sortie de l’audience.

Sur France Info, le Dr Eric Kariger, ancien médecin traitant de Vincent Lambert et ancien chef de l’unité de médecine palliative et de soins de support du CHU de Reims, a salué « une décision sage et courageuse », qui constitue « un petit pas pour Vincent Lambert, son épouse et ses proches qui respectent ses volontés mais un grand pas pour notre humanité », estimant qu’il fallait arrêter « de prendre ce malade en otage ».

Il s’est par ailleurs élevé contre les « éléments nouveaux » invoqués par les avocats des parents de Vincent Lambert qui affirment qu’il a récupéré récemment sa capacité de déglutir. « C’est totalement scandaleux. Vincent Lambert n’a jamais perdu son réflexe de déglutition sinon il serait déjà mort (…) d’une noyade pulmonaire et d’une infection pulmonaire », a-t-il assuré.

Une victoire au « goût amer »

Le député PS Alain Claeys s’est dit « satisfait » de la décision de la CEDH. Le co-auteur avec Jean Leonetti d’un nouveau texte sur la fin de vie qui doit être discuté prochainement au Sénat a ajouté qu’il avait « une pensée particulière » pour l’épouse de Vincent Lambert qui souhaitait l’arrêt des soins et qui a fait preuve « d’un très grand courage et d’une très grande dignité ».

L’association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) s’est de son côté félicitée dans un communiqué que Vincent Lambert soit « respecté dans sa volonté (…) de terminer une vie qui n’est plus qu’une lente agonie », son président, Jean-Luc Roméro, ayant auparavant souhaité sur Twitter qu’il soit bien « libéré ».

L’ADMD poursuit en estimant que cette « victoire » risquait d’avoir un « goût amer » pour ses proches, du fait des « procédures de fin de vie émanant de la loi du 22 avril 2005 ».

Et de souligner que le trentenaire « devra être sédaté, dénutri et déshydraté et il faudra attendre qu’il meure d’épuisement ». Une procédure « inhumaine », « une agonie médicalisée », selon l’ADMD, qui appelle à nouveau à « légaliser l’euthanasie » en France.