François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement et Luc Ferry demandent le retrait de la réforme du collège

EDUCATION Les initiateurs du texte considèrent que « la plus efficace des réformes du collège est celle de l’école primaire »...

20 Minutes avec AFP

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Jean-Pierre Chevènement, le 8 septembre, à l'hôtel Matignon.
Jean-Pierre Chevènement, le 8 septembre, à l'hôtel Matignon. — CHESNOT / SIPA

Trois anciens ministres de l’Education prennent la plume. François Bayrou, Jean-Pierre Chevènement et Luc Ferry ainsi que trois intellectuels demandent le retrait de la réforme du collège et un « débat républicain », dans une tribune publiée vendredi.

Réforme du collège: Ce qui est vrai, ce qui est faux

« Un collège de l’exigence »

Cet appel « pour un collège de l’exigence » qui est publié vendredi dans toute la presse quotidienne régionale, est également signé par l’essayiste Pascal Bruckner, l’éditorialiste de Marianne Jacques Julliard et le philosophe Michel Onfray. Ils invitent les citoyens à signer leur texte sur internet. « Nous n’acceptons pas l’affaiblissement des disciplines au profit d’une interdisciplinarité floue, sans contenu défini, dont les thèmes sont choisis selon la mode et l’air du temps, imposés autoritairement et uniformément par le ministère, conduisant au "zapping" pédagogique », écrivent-ils.

Réforme du collège: Les quatre points de réforme qui ne passent pas

« Nous n’acceptons pas que l’égalité des chances soit confondue avec l’égalitarisme niveleur et se résume à la suppression de tout parcours d’excellence », poursuivent-ils. Ils estiment que « les victimes de ce renoncement, ce seront d’abord les enfants de milieux populaires ou défavorisés pour qui l’école est le seul recours, car ils ne peuvent avoir accès aux cours privés et aux leçons particulières de leurs camarades plus favorisés ». Ils défendent « la notion d’élitisme républicain pour que chacun puisse aller au bout de ses capacités ».

Les initiateurs du texte considèrent que « la plus efficace des réformes du collège est celle de l’école primaire, puisque les difficultés du collège naissent à l’école primaire ». Ils n’acceptent pas que « les classes européennes, bi-langues, internationales, soient rayées de la carte », ni que le latin et le grec « disparaissent en tant qu’options offertes dans tous les établissements, dotées d’un horaire garanti ».

« Des programmes clairs »

Ils demandent par ailleurs « des programmes clairs et compréhensibles par tous, loin des jargons indécents », estimant que « le programme d’histoire en particulier doit proposer des repères chronologiques et ne peut réduire à de seuls traits négatifs ou facultatifs la civilisation européenne et l’héritage des Lumières ».

Le président du MoDem François Bayrou avait dans un premier temps appelé à une « manifestation nationale » après la publication du décret sur la réforme, sans fixer de date.

La réforme prévoit de laisser chaque collège fixer 20 % de son emploi du temps, avec de l’accompagnement personnalisé pour tous, de l’interdisciplinarité et une deuxième langue vivante (LV2) avancée en cinquième. Parallèlement, la plupart des classes bilangues (deux langues en sixième) disparaîtront. Les options latin et grec seront remplacées par un enseignement pratique interdisciplinaire consacré aux langues et cultures de l’Antiquité et un « enseignement de complément ».