Bore-out au travail : «Les journées sont longues comme un jour sans pain»

TEMOIGNAGES Les salariés en proie à ce «syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui» font tous état de leur souffrance à leur poste…

F.V.

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Un chat qui bâille, à Hamburg (Allemagne) le 24 mars 2015.
Un chat qui bâille, à Hamburg (Allemagne) le 24 mars 2015. — AXEL HEIMKEN / DPA / AFP

Le bore-out, ou syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, concernerait 30% des salariés en France. Faute de pouvoir en parler librement, puisque se plaindre d'être «payé à ne rien faire» est mal perçu, surtout en période de crise, les premiers concernés se livrent à la faveur d’un article paru sur le sujet, ou via des forums de discussion. Florilège.

L'ennui au travail, ou « bore-out», un syndrome qui rongerait près d'un salarié sur trois

  • «Et si c'était ça qui me démolit et me replonge dans la dépression ?????? Je sais que je vais choquer les chômeurs et autres sans le sou, mais j'ai un boulot théoriquement de rêve: bien payé, dans un domaine intéressant, avec des collègues sympas... Mais voilà, pour le moment c'est l'horreur, je n'ai presque plus rien à faire, tous les domaines techniques sont hyper-organisés, je ne fais plus que de la gestion (ma faute je n'avais qu'à pas tout si bien organiser). Et les journées sont longues comme un jour sans pain.» «lodiz» sur forum-depression.com
     
  • «Moi, ayant travaillé dans la fonction publique, je suis arrivée à ne travailler qu'une demi heure par jour. Je peux vous dire que le temps est longgggg!!!!!! On m'a fait subir ce qu'on appelle le harcellement moral et la mise au placard. J'ai beaucoup regretté le travail dans le privé. Résultat: obligé de m'arrêter de travailler car grosse déprime et hospitalisation !!!!!!!» Joëlle, internaute de 20minutes.fr
     
  • «Eh bien moi aussi c'est l'horreur un CDI à mi temps payée légèrement au-dessus du smic, région pourrie par le chômage, je fais en moyenne 10 minutes de taf par jour, présence pour le tél, et je suis la seule personne au bureau, heureusement il y a Internet, mais bon ça va 5 minutes, ça fait un an et j'en peux plus moralement, quand je sors le soir du boulot j'suis complètement sonné... Franchement j'vois pas d'issue... J'suis là jusqu'à la retraite ? Encore 25 ans comme ça, sûr j'irai à l'asile avant....» Un salarié anonyme sur un forum de Doctissimo
     
  • «Moi aussi je suis payée à ne rien faire, beaucoup de gens me disent que c'est le boulot de rêve, mais cela a fini par me mener à la dépression (cela fait un an et demi que je travaille a ce poste) J'ai l'impression d'être inutile». Une salariée anonyme sur un forum de Doctissimo
     
  • «Chaque action doit être validée, survalidée, justifiée, sursursurjustifiée, et il faut souvent user de patience et de relances pour que le moindre projet se déroule […].La peur d'être licencié est toujours présente […]. Je postule ailleurs, mais il est difficile de quitter un emploi pour un CDD de 6 mois payé au Smic. Alors j'attends. Le plus difficile dans le bore-out, ce n'est pas l'ennui, le fait d'arrondir les angles avec les collègues, c'est surtout le manque de perspective.
    Aujourd'hui, je n'ai plus honte de dire que je m'ennuie au travail notamment depuis que j'ai lu que ceux qui s'ennuient ne sont pas les fainéants mais au contraire, ceux qui veulent faire [...] Aujourd'hui, je n'ai plus honte d'être au taquet à Duel Quiz et d'avoir franchi un bon niveau à Candy Crush. Mais demain, j'aimerais occuper un poste qui me donne envie de me lever le matin.» Julien (le prénom a été changé), salarié d’un établissement public