Joggeur blessé par balles à Fontenay-aux-Roses: La victime dédouane Amedy Coulibaly

ENQUETE Il pense même avoir reconnu Amar Ramdani, un ami de Coulibaly incarcéré et mis en examen mi-mars dans le cadre de l'instruction sur les attentats de Paris, dans deux reportages télévisés sur l'affaire...

B.D.

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Amedy Coulibaly dans une vidéo posthume diffusée sur les réseaux sociaux le 11 janvier 2015.
Amedy Coulibaly dans une vidéo posthume diffusée sur les réseaux sociaux le 11 janvier 2015. — 20Minutes

Et si Amedy Coulibaly n'avait pas tiré sur un joggeur à Fontenay-aux-Roses le 7 janvier dernier? Alors que la piste de coups de feu tirés par Amedy Coulibaly en guise «d'entraînement» était jusqu'ici privilégiée, une nouvelle déposition de la victime, début mai, vient jeter le doute sur cette hypothèse, rapporte Le Parisien ce jeudi.

Le jeune homme de 33 ans, désormais hors de danger, a été entendu le 6 mai par l'une des juges d'instruction en charge du dossier. Le quotidien raconte cet entretien. La victime a d'abord indiqué comment, alors qu'il courait le long d'une voie de RER, il est passé à proximité d'une «silhouette sur un banc» avant d'être touché au bras, à la jambe, et à l'estomac. Malgré ses blessures, il parvient à gagner une zone pavillonnaire voisine où les riverains préviennent les secours, qui le prennent en charge rapidement.

«Il ne reconnaît pas Coulibaly comme son agresseur»

Le trentenaire décrit ensuite, de façon assez précise, le visage de son agresseur. «Il dit qu'il a les cheveux courts, qu'il est mal rasé. Surtout, il ne reconnaît pas Coulibaly comme son agresseur. Pour lui, le tireur n'est pas noir: il a plutôt la peau mate, comme un Nord-Africain», indique une source proche de l'affaire. Pourtant, lors de sa première audition une semaine après son agression, il n'avait pas écarté la possibilité que le tireur soit «peut-être noir ou antillais».

Mais, désormais, «il considère avoir alors été influencé par les policiers, qui lui ont demandé plusieurs fois s'il ne s'agissait pas de Coulibaly», poursuit la même source. Il pense même l'avoir reconnu dans deux reportages télévisés sur l'affaire, et a «aussitôt confié à sa famille que c'était cet individu, ou quelqu'un qui lui ressemblait beaucoup, qui lui avait tiré dessus», confie la source.

Une piste «pas plus privilégiée qu'une autre»

Il s'agirait d'Amar Ramdani, 34 ans, un ami de Coulibaly incarcéré et mis en examen mi-mars dans le cadre de l'instruction sur les attentats de Paris. Le Parisien souligne qu'«au moins deux éléments rendent cette thèse crédible»: la présence de Ramdani en région parisienne le jour des faits et sa rencontre certaine avec Amedy Coulibaly la veille, rendant possible sa possession de l'arme ayant servi aux tirs, un Tokarev retrouvé dans les affaires du terroriste.

Mais, «même s'il connaissait Coulibaly, il a toujours nié avoir commis le moindre délit ou crime en lien avec les événements de janvier», rappelle une source judiciaire. L'hypothèse Ramdani est cependant «prise en compte et va être vérifiée, mais elle n'est, à ce stade, pas plus privilégiée qu'une autre, d'autant que les déclarations de la victime ont varié», conclut un enquêteur.