Affaire des sondages de l'Elysée: Tout comprendre au dossier qui inquiète Sarkozy

JUSTICE Six proches de l’ancien proche de l’Etat ont été placés, ce mercredi, en garde à vue…

Vincent Vantighem

— 

Nicolas Sarkozy, le 30 mai 2015.
Nicolas Sarkozy, le 30 mai 2015. — SIPA

En ce moment, Nicolas Sarkozy regarde les sondages qui le placent à plus de 25 points d'Alain Juppé. La justice s'intéresse quant à elle à de plus vieilles enquêtes d’opinions concernant l’ex-chef de l’Etat. Six proches de l’ancien président de la République ont été placés en garde à vue, ce mercredi, dans le cadre d’une enquête ouverte pour « favoritisme » et « détournement de fonds publics » dans l’affaire dite « des sondages de l’Elysée ».

Les faits : Six proches de Sarkozy dont Guéant en garde à vue

Alertée par la Cour des comptes et un militant écologiste de Grenoble (Isère), la justice enquête sur les contrats passés entre l’Elysée et des instituts de sondage entre 2007 et 2012. Les juges en charge du dossier soupçonnent notamment l’Elysée d’avoir manqué aux règles de mise en concurrence des instituts dans ses appels d’offres. 20 Minutes décrypte toute cette affaire qui pourrait inquiéter Nicolas Sarkozy avant 2017.

Qu’est ce que l’affaire des sondages de l’Elysée ?

Tout commence en 2009 par un rapport de la Cour des comptes. Le document épingle alors une convention passée en 2007 et l’institut de sondages Publifact dirigé alors par Patrick Buisson. D’un montant de près d’1,5 million d’euros, la convention aurait été passée sans appel d’offres par l’Elysée. Ce qui est illégal.

Pourquoi l’affaire des sondages est relancée ?

L’association Anticor qui lutte contre la corruption s’empare de ce dossier. L’un de ses militants, Raymond Avrillier, se bat pour obtenir tous les sondages réalisés par l’Elysée sous le mandat de Nicolas Sarkozy. Il assure y avoir découvert de nombreuses irrégularités. L’association dépose plainte en 2010 et relance la justice en 2012 après l’échec de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, ce dernier ayant perdu son immunité.

Que reproche-t-on aux proches de Nicolas Sarkozy ?

L’enquête a été ouverte pour « favoritisme » et « détournement de fonds publics ». Concrètement, la justice soupçonne l’Elysée d’avoir fait appel à l’institut de sondages de son ami Patrick Buisson sans mise en concurrence avec d’autres instituts. Se faisant, elle enquête également pour savoir si de l’argent public a servi à financer des sondages dont le but était uniquement de servir Nicolas Sarkozy et non pas l’intérêt de la France.

Que trouvait-on dans ces sondages ?

Contacté par 20 Minutes en 2012, Raymond Avrillier expliquait alors avoir obtenu copie de plus de 300 sondages pour un montant avoisinant les 9,4 millions d’euros. « Certaines enquêtes n’avaient rien à voir avec la fonction de chef de l’Etat », confiait, à l’époque, le militant écologiste. Dans la pile de documents qu’il s’est procurée, Raymond Avrillier a été surpris de découvrir un sondage sur la perception qu’ont les Français du mariage Sarkozy/Bruni et même un autre sur la candidature potentielle de DSK.

Qui a été placé en garde à vue ce mercredi ?

Les six personnes placées en garde à vue ce mercredi sont tous des proches ayant travaillé avec Nicolas Sarkozy à l’Elysée. On y trouve bien sûr Claude Guéant et Xavier Musca, les anciens secrétaires généraux de l’Elysée, mais aussi Emmanuelle Mignon, l’ancienne directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy. Ainsi que Jean-Baptiste de Froment, Jean-Michel Goudard et Julien Vaulpré qui étaient à l’époque conseillers.

Cette affaire peut-elle inquiéter Nicolas Sarkozy ?

Oui, même si, pour le moment, personne n’a été mis en examen dans cette affaire. L’ancien chef de l’Etat n’a jamais été entendu. Il pourrait l’être prochainement si la justice décide d’accélérer la procédure. Le délit de « favoritisme » est puni de deux ans de prison et de 30.000 euros d’amende. Celui de « détournement de fonds publics », de dix ans de prison et d’un million d’euros d’amende.