Baccalauréat: Voyance, pleurs ou interros, d'ex-bacheliers racontent le stress de leurs parents

TEMOIGNAGES En cette période de révisions, les parents ont parfois (aussi) du mal à gérer leurs angoisses...

C.C & L.L
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Les épreuves du bac débutent le 19 juin.
Les épreuves du bac débutent le 19 juin. — kONRAD K./SIPA

A l’approche des premières épreuves du bac 2015, le stress se fait de plus en plus sentir du côté des candidats. Mais les parents, spectateurs, sont parfois encore plus inquiets. Des bacheliers expliquent comment ils ont réagi face au comportement de leurs parents.

Baccalauréat 2015: « Les parents sont parfois dans un délire éducatif »

Alix, 20 ans, BAC S, 2013: « Elle pensait que je ne l’aurais jamais ! »

« Quand je me souviens de cette période, je me souviens surtout de ma mère qui était hyperstressée. Elle me disait que j’allais jamais avoir mon bac, que c’était impossible. Chaque soir, elle me demandait ce que j’avais fait, si j’avais travaillé mes cours et fait mes exercices de maths. Si je répondais "non", je révisais avec elle le soir, même si elle rentrait tard. Mais je n’ai pas stressé plus que ça, je savais que j’allais l’avoir, j’étais vraiment confiante. Je me fichais de ce qu’elle disait et ça ne m’atteignait pas. J’ai révisé la veille de chaque épreuve tranquillement et je l’ai eu. Ma mère ce jour-là a pleuré de joie devant le lycée, on aurait dit que c’était elle qui avait été admise. »

Emilie, 23 ans, BAC ES, 2009: « Mes parents nous ont soutenus chaque jour »

« Je n’ai jamais eu de pression par mes parents, bien au contraire. Ils ont été là pour nous soutenir mon frère et moi. Il redoublait sa terminale et du coup on a passé le bac en même temps. Pour que l’on soit bien concentrés, nos parents veillaient à ce que l’on soit dans un environnement sain (dormir tôt, bien manger, faire du sport). Ils n’étaient pas derrière nous, on gérait nos révisions seuls. Ça m’a vraiment donné confiance en moi parce qu’eux-mêmes avaient confiance en nous. Je pense que ça donne de l’assurance pour l’examen. La veille et pendant les épreuves, on n’en discutait jamais à table. Ils essayaient de nous parler de plein d’autres choses pour nous détendre. L’important c’était de garder son calme et d’être sereins. Quand j’ai eu mon bac, mes parents étaient vraiment fiers. Ils nous ont révélé avoir caché leur stress pendant toute la durée des examens. »

Adeline, 24 ans, BAC STG, 2009: « Ma mère a consulté une voyante »

« Ma mère est déjà une personne anxieuse dans la vie quotidienne, mais pendant la période du baccalauréat, elle était survoltée. Elle m’en parlait sans arrêt : "est-ce que tu as bien révisé aujourd’hui ? Où en es-tu ?". Elle voulait que je lui montre que je travaillais. J’essayais de prendre du recul pour ne pas paniquer parce que son attitude me mettait la pression alors que je ne l’avais pas. Les quelques semaines avant les épreuves, elle m’a fait répéter tous les soirs mes fiches pour que je les sache par cœur. Ça la travaillait tellement, qu’elle est allée consulter une de ses collègues qui avait des dons de voyance. Elle a lu l’avenir pour moi et a dit à ma mère que j’allais avoir mon bac mais que le permis ce serait plus difficile, ce qui a vraiment été le cas. Le jour des résultats, elle le savait avant moi, elle les avait consultés sur internet, tandis que moi j’étais au lycée pour regarder les listes. Je n’avais pas eu le temps de lire mon nom que ma mère m’appelait déjà en hurlant de joie au téléphone ! ».

Sophie, 23 ans, bac L, 2010: « Mes parents me faisaient faire des interros »

« Mes parents ont toujours été derrière moi pour mes études, à veiller à ce que je travaille bien. Surtout que je suis du genre à faire "juste ce qu’il faut", comme adorait me répéter mon père. Comme j’ai failli redoubler ma 1ère, l’année de terminale était d’autant plus importante pour eux. Comme tout le monde à l’époque, je faisais des fiches de révision pour être au point. La seule différence : c’était mes parents qui me faisaient des interros le week-end ! Si pour certains cela peut paraître un peu lourd, je pense que ça m’a vraiment aidée, c’est moi qui étais demandeuse. Le jour des résultats, chacun a réagi à sa manière : j’ai sauté de joie dans toute la maison, ma mère a souri en disant "Bah c’est bien !" qui traduisait un "Je le savais", et mon père, que j’ai prévenu par téléphone, m’a demandé ce que je voulais comme cadeau. C’est un papa poule ! Je crois qu’il était content même s’il aurait aimé que je bosse un peu plus pour avoir une mention. »

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