Les jumeaux passent le bac

PORTRAIT Adèle et Clément espèrent obtenir tous les deux une mention assez bien...

Delphine Bancaud
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Adèle et Clément, les jumeaux candidats au bac à Rennes.
Adèle et Clément, les jumeaux candidats au bac à Rennes. — JM Huitorel

Il est châtain aux yeux bleus, elle est brune aux yeux noirs. Mais Adèle et Clément ont de multiples points communs : ils sont jumeaux et ils passent le bac cette année. Un bac S qu’ils ont préparé dans le même lycée, Jean-Macé à Rennes, mais dans une classe différente.

A deux semaines de la première épreuve, on pourrait s’attendre à ce que le stress soit à son comble pour les jumeaux. Il n’en est rien. « Je les trouve même un peu trop détendus. Ils travaillent toujours à l’arrache, mais savent donner un coup de collier quand il le faut », commente leur père, Jean-Marc. Adèle avoue ainsi n’avoir commencé ses révisions qu’il y a deux semaines et son frère, il y a quelques jours. « Le bac ne m’angoisse pas, je n’ai jamais beaucoup travaillé, mais j’ai toujours eu des notes correctes », explique Clément.

Une pointe de rivalité entre eux

Pourtant le frère et la sœur ne veulent pas décrocher le fameux sésame au ras des pâquerettes. Tous deux visent la mention assez bien : « On est forcément un peu rivaux donc chacun de nous espère décrocher de meilleures notes que l’autre », avoue Adèle. « Depuis la maternelle, ils ont toujours été rivaux. Et cela crée parfois des tensions comme lors du bac blanc où Adèle a mieux réussi que Clément », explique Jean-Marc.

Une émulation qui serait plutôt positive en ce moment, chacun incite l’autre à réviser. Et pour plancher, chacun à sa méthode : « Moi je fais des fiches pour m’imprégner de mon cours alors que mon frère a davantage une mémoire visuelle », raconte Adèle. Réviser en tandem permet aussi de jouer sur la complémentarité : « Moi je suis meilleur en histoire et en maths, mais moins bon en langues et en SVT. Du coup on peut s’entraider et faire des exercices ensemble », indique Clément.

Et si l’un des deux échouait ?

Le jour J les jumeaux seront dans la même salle pendant les épreuves. « Je jetterai forcément un œil sur mon frère pour voir comment il s’en sort », annonce Adèle. Idem le jour des résultats où chacun guettera avec appréhension ceux de l’autre. « Le scénario catastrophe pour eux serait que l’un des deux n’ait pas son bac. Ça ferait forcément culpabiliser celui qui a réussi », prédit Jean-Marc. Quoi qu’il en soit, une grande fête commune est déjà prévue après les résultats : « On fêtera en même temps leurs 18 ans, ce qui devrait permettre d’atténuer une mauvaise nouvelle, si jamais l’un des deux échoue », souligne le père. « Si on réussit tous les deux, nos parents seront deux fois plus contents », assure de son côté Clément.

Les jumeaux ont aussi conscience que le bac symbolisera pour eux la fin d’une époque. Car, après l’avoir décroché, leurs chemins scolaires se sépareront. Adèle s’inscrira en médecine et Clément à l’IEP (Institut d'études politique) de Rennes ou en prépa littéraire…