«L'empoisonneuse de la Riviera» entendue sur de nouvelles affaires

FAITS DIVERS Patricia​ Dagorn est soupçonnée d'avoir intoxiqué plusieurs hommes pour s'approprier leurs biens...

C.C.M

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Des policiers en faction devant un immeuble
Des policiers en faction devant un immeuble — Jean Christophe Magnenet afp.com

Combien de victimes Patricia Dagorn a-t-elle laissé derrière elle ? C’est à cette question que va tenter de répondre la police judiciaire de Nice (Alpes-Maritimes), qui a lancé une vaste enquête sur la femme de 53 ans.

Incarcérée depuis trois ans dans la prison de Roanne, Patricia Dagorn avait été arrêtée pour avoir violenté, dépouillé et empoisonné un homme de 87 ans à Annemasse (Haute-Savoie). Elle a été sortie de prison pour être entendue en garde à vue mercredi à Roanne. Elle sera interrogée par la police judiciaire de Nice, qui s’intéresse à son passage dans la région.

Plusieurs hommes âgés, vivant seuls et qui l’avaient rencontrée via une agence matrimoniale cannoise, ont semble-t-il été victimes de celle qu’on surnomme « l’empoisonneuse de la Riviera ». Celle-ci s’était spécialisée dans les cocktails de médicaments qu’elle administrait à ses compagnons, profitant ensuite de leur état de faiblesse pour leur soutirer de l’argent ou leur faire signer des testaments.

Des témoignages qui pèsent lourd...

Au fil de leurs investigations, les enquêteurs ont retrouvé la trace de deux décès suspects, en 2011 à Nice et à Mouans-Sartoux, dont l’un pour lequel Patricia Dagorn avait fait quelques heures de garde à vue. Trois autres hommes ont aussi déposé plainte à Nice après avoir croisé la route de celle qui se prétendait horlogère. Des documents bancaires appartenant à ces trois retraités avaient d’ailleurs été retrouvés en possession de Patricia Dagorn lors de son arrestation en 2012 à Annemasse.

Les auditions de la PJ de Nice devraient donc porter sur ces cinq cas suspects. Problème : les deux victimes décédées en 2011 ont été incinérées et aucun nouvel examen toxicologique ou autopsie n’a pu être pratiqué, ce qui prive les enquêteurs de preuves scientifiques. Mais les soupçons, eux, pèsent lourd sur Patricia Dagorn, de même que certains témoignages : « J’ai failli mourir pour trois jours d’amour », avait raconté à l’AFP en 2013 Robert, un veuf alors âgé de 88 ans. La police avait retrouvé chez cet homme des flacons de valium et de méthadone.

« A l’issue de l’audition de la suspecte, le juge d’instruction décidera s’il y a suffisamment d’éléments à charge pour la mettre en examen », a indiqué mercredi la police niçoise.