VIDEO. L’agent secret qui a libéré les otages français au Niger réclame son salaire à Areva et Vinci

TERRORISME Dans une interview au « Parisien », Jean-Marc Gadoullet raconte les coulisses qui ont permis la libération des cinq salariés d’Areva et Vinci, enlevés par Aqmi au Niger en 2010 et assure qu’il n’a toujours pas été payé…

Vincent Vantighem

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Site d'extraction d'uranium de l'usine Areva à Arlit, au Niger, le 25 février 2005
Site d'extraction d'uranium de l'usine Areva à Arlit, au Niger, le 25 février 2005 — Pierre Verdy AFP

Sans arme, il a rencontré à sept reprises l’un des terroristes les plus recherchés au monde. Et a même été blessé. Et pourtant, Jean-Marc Gadoullet attend toujours d’être payé pour avoir mené les négociations qui ont permis la libération des cinq otages français, salariés d’Areva et Vinci, enlevés par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) au Niger en 2010.

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Ancien colonel de la Direction général de la sécurité extérieure (DGSE), cet homme qui réside aujourd’hui en Suisse est plus habitué aux négociations dans l’ombre qu’à prendre la lumière dans les colonnes des journaux. C’est pourtant ce qu’il a fait, ce mercredi, en donnant une interview au Parisien et à la radio RTL. S’il y raconte les coulisses qui ont permis la libération des otages, il prend surtout la parole pour accuser Areva et Vinci de ne pas l’avoir payé, menaçant de lancer une « procédure d’arbitrage » pour obtenir son dû.


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Les Touaregs n’ont pas été payés

« Les commissions, les honoraires de négociations doivent être réglés, réclame-t-il. Areva et Vinci me doivent de l’argent pour la mission que j’ai menée… » Surtout, explique-t-il, les deux grands groupes français en doivent également aux Touaregs qui ont permis à cet agent secret de mener les négociations.

Contacté par 20 Minutes, ce mercredi, un porte-parole du groupe Areva a sobrement expliqué que sa direction ne fera « aucun commentaire » sur ce sujet. De son côté, le groupe Vinci n’était pas joignable dans l’immédiat pour réagir à ces accusations.

Abou Zeid « froid et impressionnant »

Ancien militaire reconverti dans la sécurité privée, Jean-Marc Gadoullet n’était pas prédestiné à mener ces négociations périlleuses, comme il l’explique. N’appartenant plus à la DGSE depuis 2008, il a pourtant été placé au cœur de cette affaire pour ses connaissances pointues du Sahel et des Touaregs.

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Quand sept salariés d’Areva et Vinci (cinq Français, un Togolais et un Malgache) sont enlevés par Aqmi en 2010, ils travaillent alors sur la base d’Arlit. « Rapidement, via mes antennes, j’ai eu des informations », raconte Jean-Marc Gadoullet. En novembre de la même année, Abou Zeid, le puissant chef d’Aqmi accepte l’idée d’une rencontre.

L’agent secret traverse alors le désert du Sahel pour se retrouver au beau milieu du massif des Ifoghas. Il rencontre le chef terroriste « froid et impressionnant » et finit par passer une nuit complète à discuter avec lui « de sa famille, de sa vie, de sa carrière dans l’armée ».

Evasif au sujet de la rançon

S’il reste évasif sur le montant de la rançon qui aurait été versée pour la libération des otages, l’ex-agent de la DGSE laisse entendre qu’un versement a bien eu lieu pour qu’il récupère les trois premiers otages en février 2011.

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Après l’intervention française au Mali et la mort d’Abou Zeid, les quatre derniers ressortissants français recouvreront la liberté en octobre 2013. Les responsables d’Aqmi « ont toujours été réglo », assure Jean-Marc Gadoullet. Contrairement, selon lui, aux responsables d’Areva et Vinci à qui il réclame donc des comptes.


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