VIDEO. Pont des Arts: La Ville de Paris n’en a pas fini avec les «cadenas d’amour»

TOURISME Au lendemain du grand nettoyage, les touristes vont accrocher leurs loquets ailleurs…

William Molinié

— 

Des touristes mardi 2 juin 2015 devant le Pont des Arts fermé en raison de l'enlèvement des «cadenas d'amour»
Des touristes mardi 2 juin 2015 devant le Pont des Arts fermé en raison de l'enlèvement des «cadenas d'amour» — William Molinié

La nature a horreur du vide. La ville aussi. A peine délogés du Pont des Arts, des « cadenas d’amour » fleurissent sur les rambardes voisines des quais de Seine ou des passerelles adjacentes. L’œuvre de touristes à la recherche d’un bout de grillage pour sceller à jamais Cupidon ou laisser une trace de leur passage dans le Paris romantique.

EN IMAGES - Cadenas d’amour : Fin de l’histoire…

Comme un chien qui abandonnerait son odeur au pied d’un lampadaire ? « Tous mes copains qui viennent à Paris ont mis une photo sur Facebook d’eux devant les cadenas du Pont des Arts. C’est un beau symbole », se défend Eleanore, une Londonienne de 21 ans. Elle et son petit ami ont trouvé le Pont des Arts fermé ce mardi après-midi, la Ville de Paris ayant commencé les travaux d’enlèvements la veille, en raison de question de sécurité. Du coup, les tourtereaux sont partis enchaîner leur idylle au pied de la statue Henri IV, sur le Pont Neuf.

 

Vue du Pont Neuf : Le Pont des Arts (au second plan) n’est pas le seul endroit où les touristes parisiens scellent leur amour. - W.M./20 Minutes

Un anneau d’amarrage, une poubelle…

Là-bas, un vendeur à la sauvette regarde du coin de l’œil les agents de la Ville nettoyer le pont. « Il y a plein d’autres endroits où on peut les accrocher. D’ailleurs, on proposera aux touristes de venir par ici », assure-t-il. Une rambarde d’escalier, un anneau d’amarrage, parfois même une poubelle… Chaque bout de fer de l’espace public devient un support à cadenas.

« Les touristes les mettent déjà ailleurs. Il y aura toujours un endroit pour les accrocher », raille Josie, une bouquiniste des quais de Seine. Cette dernière vendait ce mardi après-midi, malgré la fermeture du pont fétiche, toujours autant de cadenas. « Je ne m’inquiète pas. Paris restera la capitale de l’amour », souffle-t-elle.

Les « cadenas d’amour » s’accrochent partout, dans l’espace public. - W.M./20 Minutes

« Mille autres manières de manifester son amour »

De son côté, la Ville est bien consciente que le nettoyage du Pont des Arts n’est qu’un début dans la chasse aux « cadenas d’amour ». « Nous y allons étape par étape. En 2016, sans doute, on fera le Pont de l’Evêché. Et ainsi de suite », indique-t-on dans l’entourage de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Jusqu’à ce que disparaisse cette pratique qui n’a rien de traditionnelle. « Le phénomène n’a commencé qu’en 2008. Il y a mille autres manières pour manifester son amour », poursuit-on.

Les cadenas enlevés sont, pour l’heure, stockés. Des propositions d’artistes sont déjà dans les tuyaux de la ville qui ne peut pas les fondre en raison des différences d’alliages d’un loquet à l’autre. Jeff, un Australien de 35 ans, dit comprendre la problématique de sécurité et de détérioration des monuments. « Mais pourquoi ne pas installer des arbres en fil de fer où nous pourrions les accrocher ? Ça existe dans d’autres villes », soutient-il.

Des anneaux d’amarrage sur les quais de Seine servent de support. - W.M./20 Minutes

La Ville de Paris, elle, est catégorique. « L’objectif est de faire disparaître cette pratique », assure-t-elle, au risque de voir pousser des breloques un peu n’importe où. A moins que la police ne se lance, elle aussi, dans cette chasse à la mise sous écrou en verbalisant les touristes dissidents.