Taubira comparée à un singe par une candidate FN: L'appel mis en délibéré au 22 juin

JUSTICE Anne-Sophie Leclère, candidate aux municipales dans les Ardennes en 2013, a été condamnée en juillet 2014 à neuf mois d'emprisonnement ferme, cinq ans d'inéligibilité et 50.000 euros d'amende...

B.D. avec AFP

— 

Anne-Sophie Leclère, ex-candidate FN, le 16 juillet 2014 à Rethel dans le nord de la France
Anne-Sophie Leclère, ex-candidate FN, le 16 juillet 2014 à Rethel dans le nord de la France — François Nascimbeni AFP

L'appel formé par Anne-Sophie Leclère et le Front National de leur condamnation pour «provocation à la haine» et «injure publique» a été mis en délibéré au 22 juin par la cour d'appel de Cayenne.

Tout comprendre à l'affaire par ici

Dans un reportage de l'émission Envoyé spécial diffusé sur France 2, le 17 octobre 2013, Anne-Sophie Leclère, alors candidate aux municipales dans les Ardennes, apparaissait assumer sans difficulté un photomontage publié sur sa page Facebook comparant un petit singe (avec la mention «à 18 mois») à Christiane Taubira («maintenant»). Niant tout «racisme», la candidate expliquait néanmoins préférer voir la ministre de la Justice «dans un arbre après les branches que comme ça, au gouvernement». Elle avait été exclue du FN avant les municipales.

Motifs d'«irrecevabilité»

Saisi par le mouvement guyanais Walwari, co-fondé en 1992 par l'actuelle garde des Sceaux, le tribunal correctionnel de Cayenne l'avait condamnée, le 15 juillet 2014, à neuf mois d'emprisonnement ferme, cinq ans d'inéligibilité et 50.000 euros d'amende. Le Front national avait, quant à lui, été condamné à 30.000 euros d'amende. Elle avait fait appel du jugement, tout comme le Front National et avait tenté, en vain, d'obtenir le dépaysement du procès.

Les avocats de la défense ont tenté de faire valoir plusieurs motifs d'«irrecevabilité», telles que le dépassement du délai de «173 jours à respecter entre la citation et l'audience», l'absence de «constat par un huissier de justice » du message diffamatoire déposé par Anne-Sophie Leclère sur compte Facebook et la non concordance de «l'objet social» du parti/association Walwari avec l'objet de la plainte. Sans succès.

«Nous espérons qu'il y aura jurisprudence», a défendu l'un des neuf avocats de Walwari, qui a appelé la cour à «rendre une décision qui fera date». «C'est trop facile d'aller sur Internet, de faire un montage, et de dire après, n'en parlons-plus». «On reste très combatifs», a déclaré Sarah Albukerque-Léonço, secrétaire générale de Walwari.