Un couple condamné à quatre ans de prison avec sursis après la mort de leur jeune employée

JUSTICE Une jeune fille qui avait passé cinq ans au service d’un couple de sa famille était décédée à son retour à Madagascar…

20 Minutes avec AFP
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Un couple a été condamné lundi à quatre ans de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger. (Illustration).
Un couple a été condamné lundi à quatre ans de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger. (Illustration). — DANIEL JANIN / AFP

Les anciens employeurs de Lila, jeune bonne malgache décédée en juin 1997, ont été condamnés lundi à quatre ans de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger. Selon l’avocat général de la cour d’appel de Paris, la jeune fille employée en région parisienne était rentrée dans son pays à l’état de « cadavre ambulant ». Elle est morte 6 jours plus tard.

Le couple qui l’employait, formé d’un homme de nationalité malgache et de son épouse, avait été condamné à quatre ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Meaux en première instance.

Cette nouvelle décision de la cour d’appel de Paris est pour eux un « soulagement » rapporte leur avocate, Aude Lequerré-Derbise, mais même si leur déclaration de culpabilité ne leur convient pas, ils ont décidé de ne pas former de pourvoi en cassation.

Une mort aux causes indéterminées

La jeune fille avait quitté son pays en 1992, à l’âge de 14 ans, pour se rendre chez le couple qui faisait partie de sa famille éloignée. Elle était censée travailler aux tâches de la maison selon sa mère, cette dernière recevant en échange alors cinquante francs (7,50 euros) par mois.

Rentrée à Madagascar le 2 juin 1997, la jeune fille est morte six jours après. L’autopsie pratiquée sur place n’a pas permis de déterminer avec précision les causes de la mort, si ce n’est que celle-ci était d’origine traumatique. Son corps présentait de nombreuses ecchymoses.

Lila, victime d’esclavage moderne ?

Selon certains témoins, elle était traitée par le couple, qui habitait Evry (Essonne), puis Chelles (Seine-et-Marne), comme une « bonne » et subissait des mauvais traitements. L’enquête a porté sur des faits de coups mortels, de séquestration, de viols, mais ces qualifications ont été abandonnées, faute de charges suffisantes.

Lors de l’audience devant la cour d’appel de Paris, le 13 avril, les époux, âgés de 55 ans, ont assuré que Lila participait aux tâches de la maison au même titre que les enfants de la famille. Elle était malade, mais pas au point de mourir », « pas maigre, mais mince », avait expliqué la mère de famille. Mais selon plusieurs témoins, la jeune fille était malade, toussait depuis longtemps. « La cour, visiblement sceptique, avait rétorqué aux prévenus qu’ils étaient les seuls à ne pas avoir vu l’état de Lila. Ils auraient dû l’emmener aux urgences, mais « un médecin aurait pu découvrir les coups, les mauvais traitements », avait ajouté le magistrat.

Avant le départ de Paris, elle avait été confiée à une passagère de l’avion, qui avait produit une attestation affirmant que la jeune fille était réduite à l’état de « squelette », ne pouvant pas marcher ni porter ses bagages.