Accident mortel à Paris: Un policier devant un juge, sa détention requise

FAITS DIVERS Il va être présenté ce samedi à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen …

20 Minutes avec AFP

— 

Accident boulevard Sébastopol à Paris
Accident boulevard Sébastopol à Paris — @vlahure

Le policier soupçonné d'avoir provoqué un accident mortel à Paris, à l'aube jeudi alors qu'il était ivre, va être présenté ce samedi à un juge d'instruction en vue de sa mise en examen et le parquet a requis son placement en détention, a appris l'AFP de source judiciaire.

En poste à la PJ de Seine-Saint-Denis, ce brigadier chef qui n'était pas en service, rentrait de soirée à vive allure, ne s'arrêtant pas au feu rouge, quand il a percuté la camionnette conduite par un livreur de 40 ans, décédé peu après le choc. Ejecté de son véhicule sous la violence du choc, Yazid B. est décédé peu après. Il était père de trois enfants de 7, 9 et 11 ans.

>> Qui était Yazid, le livreur de pain tué par des policiers ivres?

Information judiciaire ouverte pour homicide involontaire aggravé

Le policier, qui conduisait une voiture banalisée sans être en service, présentait une alcoolémie de 2,13 grammes d'alcool par litre de sang, soit plus de quatre fois le taux autorisé (0,5 gramme) et près de trois fois celui à partir duquel conduire en état d'ébriété devient un délit (0,8 gramme).

Sa présentation à un juge d'instruction se fera dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour homicide involontaire aggravé par la violation à une obligation de prudence (la violation de règles du code de la route) et l'état alcoolique. Le parquet va réclamer son placement en détention.

Le collègue du chauffard présumé, qui était sur le siège passager et est également affecté à la PJ de Seine-Saint-Denis, a été entendu comme témoin. Il présentait un taux d'alcoolémie d'1,6 gramme dans le sang.

Vers une plainte de la veuve du livreur tué

La veuve du livreur tué a dit son intention de porter plainte: «Si c'était un accident normal... Mais ça vient de policiers, qui doivent protéger les citoyens, respecter la loi et le code de la route», a-t-elle dit vendredi à l'AFP, très éprouvée.

«Mon mari était un homme en or. Ce n'était pas un feignant. Il était parti travailler, subvenir aux besoins de ses enfants, en livrant du pain dans des hôtels à Paris», a-t-elle encore dit.

Les deux policiers revenaient d'une soirée en boîte de nuit dans le quartier des Champs-Elysées. Il s'agissait de la traditionnelle soirée annuelle d'un autre service de la PJ, un office central.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a prévenu que si l'enquête judiciaire confirmait les premières constatations, il ferait preuve «d'une très grande sévérité» à l'endroit des deux policiers, «indépendamment des poursuites pénales».