Tentative d'assassinat à Corbeil: Le parquet réclame un procès pour un proche de Dassault

JUSTICE L’industriel Serge Dassault, ancien maire de cette commune de l'Essonne, n'a pas été mis en cause par cette enquête …

C.P. avec AFP

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Suspect numéro 1 dans une tentative d'assassinat à Corbeil-Essonnes (Essonne), Younès Bounouara, proche de l'ex-maire Serge Dassault, a été mis en examen pour tentative d'assassinat et placé sous mandat de dépôt à la prison de la Santé dans la nuit de mercredi à jeudi
Suspect numéro 1 dans une tentative d'assassinat à Corbeil-Essonnes (Essonne), Younès Bounouara, proche de l'ex-maire Serge Dassault, a été mis en examen pour tentative d'assassinat et placé sous mandat de dépôt à la prison de la Santé dans la nuit de mercredi à jeudi — Thomas Samson AFP

Le parquet d’Evry a requis le 21 mai le renvoi aux assises d’un proche du sénateur UMP Serge Dassault, pour une tentative d’assassinat qui aurait été commise sur fond de soupçons d’achats de votes à Corbeil-Essonnes, ont annoncé ce samedi à l’AFP des sources judiciaire et proche du dossier.

Un ancien relais de l’ex-maire Serge Dassault

Younès Bounouara, 42 ans, est soupçonné d’avoir tiré le 19 février 2013 à Corbeil-Essonnes sur Fatah Hou qui circulait en voiture, blessant grièvement ce boxeur qui en garde des séquelles.

En fuite pendant plusieurs mois après les faits qui lui sont reprochés, Younès Bounouara avait été arrêté début novembre 2013 par des hommes de la PJ de Versailles, à la descente d’un avion en provenance d’Alger à l’aéroport de Roissy, puis écroué par des magistrats d’Evry. « Il n’a pas fui la justice, il a fui ses agresseurs », avait commenté son avocat Me Kaminski. Younès Bounouara a notamment expliqué qu’il avait peur de Fatah Hou qui, selon lui, le menaçait.

Vers un possible renvoi aux assises

Après ces réquisitions rendues le 21 mai, il revient désormais aux juges d’instruction de décider du renvoi aux assises.

Peu avant les faits, Younès Bounouara et Fatah Hou avaient eu une violente altercation à propos de fonds versés par Serge Dassault au premier. Selon la version de Fatah Hou rapportée par la source proche du dossier, Bounouara aurait décidé de ne pas redistribuer « comme il devait le faire » cet argent qui aurait été destiné à des habitants de Corbeil-Essonnes.

Entendu comme témoin assisté durant l’instruction, l’industriel Serge Dassault, 90 ans, ancien maire de cette commune de l’Essonne, n’a pas été mis en cause par cette enquête visant un homme qui fut un de ses relais dans les quartiers.

Lors de son audition, Serge Dassault a raconté que Fatah Hou s’était effectivement plaint auprès de lui « de ne pas avoir reçu d’argent contrairement à Younès Bounouara », rapporte la source. Des fonds qui, étaient destinés « à financer un projet industriel en Algérie et non à acheter des voix lors des élections municipales », a expliqué l’industriel, qui réfute tout système d’achat de votes, objet d’une autre enquête à Paris qui lui vaut d’être mis en examen.

La défense met en garde contre un procès « tronqué »

« La défense a constaté qu’à la clôture du dossier, des éléments à décharge avaient été, sciemment ou non, totalement occultés. Une demande d’acte à décharge a été déposée depuis plusieurs semaines au cabinet des juges d’instruction », a réagi l’avocat de Younès Bounouara, David-Olivier Kaminski. La défense a mis en garde contre l’éventualité d’un procès qui serait « tronqué par le manque de volonté de poser les vraies questions et toutes les questions. »

« Il serait temps que Younès Bounouara choisisse une autre défense que celle de se considérer comme la victime de mon client, qui est handicapé à vie, ne pourra plus jamais boxer et doit suivre des traitements qui le font souffrir quotidiennement », a commenté l’avocate de Fatah Hou, Me Marie Dosé, qui a au contraire salué un réquisitoire « en parfaite cohérence avec les éléments du dossier ».