Pourquoi les vide-greniers font le plein

LOISIRS Chaque année à l'approche du printemps, les acheteurs ou vendeurs, se précipitent dans ces brocantes conviviales. Et les adeptes sont de plus en plus nombreux...

Delphine Bancaud

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Vide-grenier dans une commune de la Sarthe en 2011.
Vide-grenier dans une commune de la Sarthe en 2011. — GILE MICHEL/SIPA

Enfin le premier week-end après les ponts de mai. Ce sera aussi l’occasion pour de nombreuses communes d’organiser leur vide-greniers d’été. Un moment très attendu aussi bien chez les vendeurs en herbe que chez les chineurs. « Environ 50.000 vide-greniers sont organisés chaque année en France et leur nombre a beaucoup progressé depuis dix ans pour répondre à la demande », constate ainsi Olivier Nass, fondateur du site vide-greniers.org.


Un engouement qui s’explique d’abord par des raisons financières, selon Laure Sallou, chargée d’études à l’Observatoire société et consommation (Obsoco). « Les Français privilégient l’achat malin et savent qu’ils trouveront des prix plus bas dans ces vide-greniers que dans des commerces traditionnels ». Et pour les vendeurs, c’est aussi l’occasion de se débarrasser du superflu en récupérant un peu d’argent, même si la location d’un stand vaut entre 5 et 25 euros selon les villes. « Sur une journée, il est possible de faire de 100 à 200 euros de bénéfice », constate Olivier Nass. L’essor des vide-greniers ces dernières années s’explique aussi par le fait que beaucoup d’associations locales ont été confrontées à une baisse des subventions publiques. « Le fait d’organiser une brocante et de faire payer les stands leur permet de générer de nouvelles recettes », indique Olivier Nass.

Un lieu de recyclage pour les objets qui dorment chez soi

Vêtements, livres, vaisselle, jouets, petits meubles… On trouve de tout dans ces « bric-à-brac » et c’est aussi ce côté caverne d’Ali Baba qui attire, comme le souligne Emmanuel Layan, auteur du guide du chineur : « C’est le syndrome anti Ikea. Beaucoup de personnes en ont ras le bol des objets de consommation courants que l’on trouve chez tout le monde. Elles recherchent des objets singuliers, voire vintage ».

Les sept commandements du vendeur de vide-grenier

La mode des vide-greniers surfe aussi sur la tendance anti-gaspillage qui vise à donner une seconde vie aux choses, au lieu de les jeter. « Acheter d’occasion n’est plus une honte, bien au contraire. Avoir la fibre éco-responsable est valorisé dans notre société. Et un acheteur sera même ravi d’annoncer à ses amis qu’il a dégoté une veste griffée à prix mini », explique Emmanuel Layan.

Une ambiance de fête de village

Quant aux communes, elles ont tout à gagner à accueillir ce type de manifestations : « C’est l’occasion de retisser du lien social, en échangeant avec ses voisins », souligne Laure Sallou. Conscients que ces moments de convivialité redonnent un esprit de village à un quartier ou à une commune, les maires ont d’ailleurs tendance à les encourager et même à y pointer le bout de leur nez pour saluer leurs administrés dans une ambiance détendue.

Une atmosphère qui plaît tellement à certains Français, que fréquenter les vide-greniers est même devenu un loisir à part entière pour eux : « Ces manifestations ont un côté addictif et procurent des montées d’adrénaline : on est impatient de découvrir les stands, de fouiner pour trouver la perle rare. C’est d’autant plus vrai pour les collectionneurs », souligne Emmanuelle Layan. Un plaisir facile et économique en somme.

* Emmanuel Layan, auteur du guide du chineur, Editions du Chêne, 16,90 euros.