Affaire Fillon-Jouyet: François Fillon est sûr que Jean-Pierre Jouyet était en «service commandé»

JUSTICE L’ex-Premier ministre a assuré devant les tribunaux que le secrétaire général de l’Elysée voulait lui nuire…

A.Ch. avec AFP
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François Fillon le 19 mars 2015 en meeting à Yvre-l'Eveque dans l'ouest de la France
François Fillon le 19 mars 2015 en meeting à Yvre-l'Eveque dans l'ouest de la France — JEAN-FRANCOIS MONIER AFP

Premiers échanges de balles sur le terrain de la justice entre François Fillon et Jean-Pierre Jouyet. Ce jeudi, le début de l’audience dans le procès intenté pour diffamation par l’ex-Premier ministre contre le secrétaire général de l’Elysée a été marqué par les déclarations de François Fillon. Démentant avoir demandé à l'Elysée d'accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy, il a dit sa conviction que Jean-Pierre Jouyet était en «service commandé».

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Devant le tribunal correctionnel de Paris, où il poursuit également deux journalistes du Monde en diffamation, François Fillon s'est posé en victime d'une «opération» visant à le «décrédibiliser» et «semer la zizanie à l'intérieur de (sa) famille politique». «C'est la seule explication plausible que je vois», a-t-il ajouté, estimant que Jean-Pierre Jouyet, pour qui il avait du «respect» et en qui il avait «confiance», «n'a pas pu agir seul».

«Casser les pattes» de Sarkozy

Les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, ont immédiatement rétorqué que cette thèse du «service commandé» «ne tient pas», «n'a aucun sens». Affirmant qu'ils avaient une source au sein de l'UMP qui les avait informés des propos de Jean-Pierre Jouyet, ils ont rappelé, enregistrement de leur entretien avec le secrétaire général de l'Elysée le 20 septembre à l'appui, que Jean-Pierre Jouyet leur avait dit: «Vous êtes bien informés». Dans l'enregistrement, ce dernier raconte que l'ancien Premier ministre exhorte à «taper vite» pour empêcher Nicolas Sarkozy de revenir, lui «casser les pattes».

François Fillon a expliqué que si certains avaient tenté de l'en dissuader, il a décidé de saisir la justice pour «défendre (son) honneur et (sa) conception de la vie publique», n'acceptant pas «une telle salissure», qu'on lui «prête des attitudes abjectes que toute (sa) vie politique vient démentir». Lisant une déclaration écrite, il a assuré qu'il n'avait «jamais (...) fait pression, tenté de faire pression (...) sur le système judiciaire», ni envisagé de le faire.

«Jamais je n'aurais pu solliciter d'un collaborateur du chef de l'État une action contre un ancien président de la République que j'ai servi et à l'égard duquel ma loyauté n'a jamais été prise en défaut», a-t-il poursuivi. Lors du fameux déjeuner, «à aucun moment nous n'avons évoqué les affaires», a assuré François Fillon face aux juges. «Aucun des mots qui me sont prêtés ne correspondent à mon vocabulaire», a tenu à préciser François Fillon, ajoutant qu'il n'a «jamais tutoyé M. Jouyet».