Nouvelle grève à l'AP-HP: Un mouvement pour défendre les 35 heures

SOCIAL Le projet de réorganisation du temps de travail provoque la colère des personnels hospitaliers…

A.Ch. avec AFP

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Des agentes de l'AP-HP  en grève, le 21 mai 2015.
Des agentes de l'AP-HP en grève, le 21 mai 2015. — SIPA

Moins de RTT pour les infirmiers: le projet de réforme des 35 heures du directeur général de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) Martin Hirsch provoque la colère des syndicats, qui en réclament le «retrait pur et simple». Ils ont appelé les personnels hospitaliers à une grève »massive» ce jeudi dans les hôpitaux parisiens, une semaine après le premier mouvement de grève qui avait été suivi par 50% des agents, selon les syndicats, 34% selon la direction. Un rassemblement aura lieu devant le siège de l’AP-HP à partir de 11h.

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Des négociations sur le projet de réorganisation du temps de travail des 75.000 personnels (hors médecins) des 38 hôpitaux de l'AP-HP avaient été initialement envisagées ce jeudi. «Bien évidemment, nous recevrons les syndicats jeudi», a assuré de son côté la direction de l'AP-HP. Si le directeur général «ne nous entend toujours pas, on a prévu d'aller plus loin et d'aller voir ses tutelles. C'est bien Marisol Touraine qui donne sa feuille de route à M. Hirsch», a déclaré Olivier Youinou (SUD Santé).

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Diminuer les RTT qui s’accumulent

Par manque de personnel, les repos non pris s'accumulent sur les comptes épargne temps, représentant 74,7 millions d'euros fin 2014, selon la direction. Une réduction des plages horaires journalières permettrait de diminuer les RTT. Mais les syndicats redoutent leur suppression, comme celle de jours exceptionnels octroyés pour événements familiaux ou l'ancienneté, et un accroissement de la charge de travail, quand nombre d'agents font déjà des dépassements d'horaires.

Les agents de l'AP-HP en grève pour défendre les 35 heures

Pour le patron de l'AP-HP, une réorganisation s'impose pour s'adapter aux nouveaux modes de prise en charge (avec le développement de la chirurgie ambulatoire notamment), améliorer les conditions de travail et préserver plus de 4.000 postes. Une réforme qui permettrait d'économiser 20 millions d'euros, selon l'AP-HP. Mais les syndicats, s'ils admettent l'idée de revoir l'organisation du travail, refusent que ce soit au prix de nouvelles réductions de moyens.

«On sera sous ses fenêtres»

Ce mardi, l'AP-HP a souligné que le dialogue n'était «pas complètement rompu». «La balle est dans le camp des syndicats», après les nouvelles propositions de la direction offrant notamment des garanties sur le niveau et la qualité de l'emploi, avec le «maintien des effectifs au lit du malade», mais aussi une nouvelle vague de titularisation de CDD et un meilleur accès au logement.

«Il ne s'agit pas de logement ou autre mais du retrait de son projet. Il faut que Martin Hirsch réponde à la colère qui s'amplifie. Il a ouvert une boîte de Pandore. Il est de plus en plus isolé. S'il lui faut une piqûre de rappel, il l'aura ce jeudi. On espère que cela l'aidera à développer les anticorps nécessaires», poursuit le délégué SUD. «On sera sous ses fenêtres. L'intersyndicale attend son invitation s'il se dit prêt à négocier. Cela dépend de lui», assure-t-il.

 «Tous les syndicats sont pour une mobilisation tonique. Nous voulons le retrait du projet et amplifier le rapport de force. Nous verrons quand M. Hirsch souhaite entamer la négociation», renchérit Marianne Journiac de la CGT. Dans un communiqué de soutien aux personnels, FO réaffirme qu'«il faut savoir ne pas s'entêter». Pour sa part, Martin Hirsch a assuré mercredi à l'AFP que le dialogue social était «plus que jamais» son cheval de bataille.