Hauts-de-Seine: La détresse d’une mère face à des soupçons d’attouchements d'un instituteur

INFO «20 Minutes» Le parquet de Nanterre doit décider des suites à donner à une affaire supposée de pédophilie…

William Molinié
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Un enfant dans une école maternelle à Bordeaux, en septembre 2013.
Un enfant dans une école maternelle à Bordeaux, en septembre 2013. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

La parole d’une fillette contre celle de son instituteur. Ce jeudi 15 avril au matin, Constance* voulait absolument mettre ses collants pour aller à l’école, contre l’avis de sa maman qui trouvait qu’il faisait trop chaud. Après avoir longuement pleuré, elle a fini par expliquer que son maître allait encore « regarder [sa] culotte ».

« Mon conjoint et moi sommes pris de colère, de tristesse, de douleur », explique la mère qui au cours de la discussion avec sa fille gagne la conviction qu’elle a été sexuellement abusée par son instituteur d’une école maternelle des Hauts-de-Seine, en région parisienne. La machine judiciaire se met en marche. Police, dépôt de plainte, expertise psychologique… « La psychologue nous a affirmé qu’elle avait subi des attouchements sexuels », raconte-t-elle.

L’instituteur n’a pas été suspendu

Mais que valent les déclarations d’une enfant de trois ans et demi ? Au fil des semaines, pris dans la nasse de la multiplication des soupçons de pédophilie du début du mois d’avril, les regards suspicieux de l’équipe pédagogique s’abattent sur la famille. « Nous avons la sensation de porter la peste », déplore-t-elle. Elle ajoute : « On nous a dit de ne pas ébruiter l’affaire ».

L’inspection académique a décidé de ne pas suspendre le maître en attendant la fin de l’enquête judiciaire. « La fillette est très jeune. Aucun élément matériel ne nous a été communiqué qui aurait pu conduire à une suspension. Il est important de faire attention à toutes les alertes. Mais aussi d’être prudent dans les décisions à prendre lorsqu’il n’y a pas de preuve », précise auprès de 20 Minutes Philippe Wuillamier, inspecteur d’académie des Hauts-de-Seine qui entrevoit déjà un « classement sans suite » de la plainte.

Soupçons de pédophilie à l’école : Est-ce une psychose ?

La mairie se range derrière « l’enquête policière en cours » et se dit impuissante. « Ce n’est pas un personnel communal. S’il l’avait été, il aurait été suspendu en attendant les résultats de l’enquête », indique-t-on dans l’entourage du maire de cette commune. « Il y a toujours la présomption d’innocence. Mais le doute n’est pas pris en compte », regrette la maman qui dénonce l’absence de « prise en charge ». « Il faut attendre, nous répond-on. Mais attendre quoi ? Qu’il y en ait plusieurs ? Ça ne suffit pas le cas de notre petite fille ? », s’impatiente-t-elle.

Constance veut une « maîtresse gentille »

Selon nos informations, les premières investigations confiées aux policiers de la brigade territoriale de protection de la famille des Hauts-de-Seine viennent de s’achever. Les enquêteurs ont rendu leurs conclusions par écrit au parquet de Nanterre qui doit décider des suites à donner à l’affaire. Soit la plainte est classée sans suite, soit d’autres investigations seront demandées.

Aujourd’hui, Constance ne va plus à l’école. Sa mère raconte que régulièrement, elle lui dit qu’elle « veut une maîtresse gentille et qui soit fière d’elle ».

* Pour des raisons légales, l'identification de la fillette a été préservée.