Trains régionaux : L’UFC-Que Choisir épingle la SNCF et invite les usagers à freiner les retards

TRANSPORTS L'association de consommateurs veut prendre le train des élections régionales en épinglant une gestion coûteuse et inefficace des trains régionaux par la SNCF...

Oihana Gabriel
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STE LUCE SUR LOIRE, le 24/09/2013 Un TER sur la ligne Nantes ANGERS
STE LUCE SUR LOIRE, le 24/09/2013 Un TER sur la ligne Nantes ANGERS — FABRICE ELSNER/20MINUTES

La guerre aux rails est déclarée. Alors que ce mardi le rapport Duron préconise de supprimer des trains Intercités et tape sur la productivité de la SNCF, l’UFC-Que choisir tacle la ponctualité désastreuse des trains régionaux. « La France a un train de retard, ironise Alain Bazot, président de l’association de consommateurs. Notre ambition avec ce nouveau chantier et les actions lancées est d’amorcer une nouvelle aire dans la politique des transports au cœur des politiques régionales. » L’association espère donc peser dans la campagne pour les élections régionales de décembre en invitant les candidats à s’engager sur la ponctualité des TER, RER et Transiliens.

La ponctualité s’améliore dans le métro et empire pour le RER A

Des chiffres catastrophiques… et erronés

Car les chiffres sont sans appel. Selon les données officielles, la France compte 89,5 % de ses trains régionaux à l’heure, loin derrière l’Autriche (96,4 %), l’Allemagne (94,9 %)… et même le Royaume-Uni (91 %), souvent pointé du doigt. Et l’association de contester ces statistiques publiées par la SNCF, car les retards de moins de 6 minutes ne sont pas pris en compte et les trains annulés la veille ne sont pas considérés comme supprimés. « Pour juin 2014, mois de grève, selon les chiffres 6,9 % des TER ont été annulés alors que selon nos recherches 30 % des trains n’ont pas circulé, souligne Mathieu Escot, responsable de l’étude. L’écart béant entre ces chiffres et le vécu des usagers ne fait qu’augmenter la grogne. »

Pourtant, les dépenses pour le rail ont explosé depuis 2002. La SNCF a connu un emballement de ses frais d’exploitation de 41 %. UFC Que choisir estime donc que c’est le monopole de la SNCF qui explique cette gabegie.

Quatre actions pour accélérer le changement du rail

Qui n’a pas l’intention de tirer uniquement le signal d’alarme. Plusieurs actions pour que les usagers et politiques reprennent le volant sont lancées dès ce mardi. Une pétition « Payons en fonction de la qualité » est ainsi disponible en ligne pour que les usagers soient mieux dédommagés. « L’indemnisation des voyageurs est balbutiante, s’insurge Alain Bazot. Seules cinq régions ont mis en place une indemnisation en cas de retards répétés. »

Autre outil à la disposition des voyageurs : une application gratuite (pour Android et iOS) pour que chacun délivre des informations plus précises sur les retards des trains régionaux. « Nous voulons faire des usagers les premiers contrôleurs de la ponctualité », résume Alain Bazot. Pour que nous puissions avancer sur observatoire indépendant et participatif. » En clair, chacun peut préciser sur l’application « Anti-retards » sa provenance et destination, le temps de retard et le motif (quand il le connaît…).

Et l’association choisit également la voie juridique pour se faire entendre. Elle a déposé un recours gracieux pour que le syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF) change les conventions avec la SNCF et la RATP pour rendre plus incitative la recherche de ponctualité. En ligne de mire, un système de bonus-malus insuffisant : selon l’étude en moyenne moins de 1 % des subventions est impacté par la ponctualité des trains franciliens. Enfin, UFC Que Choisir souhaite que des expérimentations d’ouverture à la concurrence des trains régionaux dans certaines régions volontaires soient lancées… bien avant 2019. Et espère attirer l’attention des candidats aux régionales, qui ne peuvent laisser de côté les transports, troisième préoccupation des Français selon un sondage IFOP.