Tuerie de Chevaline: L’ex-légionnaire est-il la clé du mystère?

ENQUÊTE « Nous avons un vrai suspect. Je parle du légionnaire d’Ugine [Patrice Menegaldo] », a annoncé le procureur de la République…

William Molinié

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Des fleurs ont été déposées sur les lieux du quadruple meurtre à la combe d'Ire, près de Chevaline (Haute-Savoie) le 8 septembre 2012
Des fleurs ont été déposées sur les lieux du quadruple meurtre à la combe d'Ire, près de Chevaline (Haute-Savoie) le 8 septembre 2012 — Philippe Desmazes AFP

Et si la famille irakienne Al-Hilli était en réalité une victime collatérale ? Ce scénario est régulièrement évoqué par les enquêteurs qui travaillent depuis trois ans sur la tuerie du 5 septembre 2012 à Chevaline (Haute-Savoie). Mais il semblerait désormais que cette piste soit envisagée avec sérieux.

Selon le journal britannique Mirror, qui cite le procureur d’Annecy, Eric Maillaud, un ancien légionnaire de la région, Patrice Menegaldo, serait aujourd’hui « un vrai suspect » dans le quadruple assassinat. Ce dernier, qui s’est suicidé il y a un an, avait déjà été interrogé comme témoin en 2012. Il avait écrit dans une note ne plus supporter les soupçons pesant sur lui.

Il maniait bien les armes

Dans son livre à paraître la semaine prochaine, The perfect Crime, Tom Parry, journaliste au Mirror, revient sur le scénario privilégié depuis le début de l’enquête, selon lequel la famille Al-Hilli aurait été la principale cible de la tuerie de Chevaline. Et Sylvain Mollier, un cycliste amateur de la région, comme une victime collatérale. Mais une piste différente émergerait aujourd’hui, selon le journaliste qui s’appuie sur des propos du procureur de la République. « L’hypothèse privilégiée par les enquêteurs est celle d’un meurtre aux racines locales. Nous avons un vrai suspect. Je parle du légionnaire d’Ugine [Patrice Menegaldo] ».

Cet ancien soldat maniait parfaitement les armes. Il connaissait Claire Schutz, la veuve de Sylvain Mollier. Les relations étaient tendues entre le cycliste et sa belle-famille. Claire Schutz devait hériter d’une pharmacie estimée à plus d’un million d’euros.

Pas d’ADN retrouvé

« Se pourrait-il que ce soit lui ? A-t-il regretté ses actions par la suite et pris sa propre vie ?, se demande le procureur sous la plume du journaliste. Il avait les capacités techniques de commettre ce qui a été commis ce jour-là. » D’autant que Sylvain Mollier a été tué de sept balles dans la tête. Un acharnement pour une « victime collatérale » que les enquêteurs n’ont jamais expliqué.

Interrogé par France 2, le procureur de la République a nuancé les propos rapportés par les Britanniques concernant la piste du drame local. « Cela nous intrigue. On ne comprend pas pourquoi il s’est suicidé des mois plus tard », explique Eric Maillaud. Mais « cela n’en fait pas un suspect, et encore moins le suspect numéro un », nuance le magistrat. Aucune trace ADN de l’ancien légionnaire n’a été retrouvée sur les lieux du crime. Et son audition en tant que témoin en 2012 s’était déroulée sans problème.