Lycéen menacé de mort: Vigilance renforcée au lycée Berthelot

MENACES Les enseignants et les associations reprochent à l'administration un manque d'information et réclament une protection renforcée pour le lycéen...

L.C.

— 

Un exemplaire de «Charlie Hebdo» en kiosque, en février 2015.
Un exemplaire de «Charlie Hebdo» en kiosque, en février 2015. — /NEWSCOM/SIPA

Depuis fin janvier, Louis Pasquier, 17 ans, a reçu plusieurs menaces de mort. Le jeune homme est le rédacteur en chef de La Mouette bâillonnée, le journal du lycée Berthelot à Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val-de-Marne. Depuis la publication d’un numéro spécial Charlie Hebdo, après les attentats du 7 janvier, plusieurs courriers menaçants, dont certains contenaient des balles, ont atterri dans la boîte aux lettres de la rédaction, dans l’établissement de l’académie de Créteil où le plan Vigipirate « alerte attentat » est maintenu.

L’affaire fait l’objet d’une enquête policière mais plusieurs enseignants et associations ont dénoncé l’absence de mesures de protection pour le jeune homme.

Pas de protection policière

Après que plusieurs professeurs ont choisi d’exercer leur droit de retrait jeudi pour manifester leur soutien à cet élève de Première, une réunion a été organisée ce vendredi au rectorat de l’académie de Créteil.

 

Lors de cette rencontre, les enseignants ont réclamé « la protection de l’élève ». Protégé dans un premier temps, pendant deux jours, par des équipes mobiles de sécurité (EMS) de l’Éducation nationale, il est depuis reconduit chaque soir à son domicile par son proviseur ou son adjointe.

Le rectorat confirme vendredi que la vigilance interne de l’établissement va être renforcée, sans toutefois préciser de détails. Une réunion d’information est prévue mardi dans le lycée avec l’ensemble du personnel.

Pour l’heure, il est exclu de mettre en place un dispositif de protection physique rapproché, indique une source policière. « Nous l’avons envisagé, avant de décider de ne pas la mettre en place, en accord avec la victime, ses proches, le personnel de l’établissement et le rectorat : tout le monde est dans la boucle », indique cette source, ajoutant que « rien n’a été négligé ».

La colère des associations

Ce n’est pas de l’avis de Reporters sans frontières, qui a publié jeudi un communiqué pour réclamer la protection physique du lycéen. « RSF demande qu’une enquête interne approfondie soit menée au lycée, avec le soutien du rectorat et du ministère de l’Education nationale, et que le procureur et la police prennent l’affaire plus au sérieux », écrit l’association de défense de la liberté de la presse.

L’association Jets d’encre, qui soutient la presse jeune et connaît la rédaction de La Mouette bâillonnée depuis quelques années, apporte « un soutien moral » à Louis Pasquier, explique la déléguée à la communication. L’association déplore « l’insuffisance de la protection physique de la victime », estimant qu’il y a « urgence » étant donné la gravité des menaces. « La liberté de publication est elle aussi en danger, c’est un droit fondamental des lycéens », ajoute Jets d’encre.

Le directeur et dessinateur de Charlie Hebdo, Riss, a lui aussi apporté son soutien au jeune homme, estimant vendredi sur France Info que « quelqu’un qui reçoit des menaces comme celles-là devrait être protégé », et exprimé son « dégoût » et sa « révolte » face à cette affaire.

Suite à ces réactions, le ministère de l’Education nationale a publié un communiqué vendredi, affirmant que Najat Vallaud-Belkacem « se tient informée de près de l’évolution de l’enquête judiciaire » et s’indigne, « si les faits sont avérés, qu’un élève soit menacé de mort pour ce qu’il a écrit »