Une nourrice condamnée à cinq ans de prison pour avoir secoué un bébé

JUSTICE L'enfant, aujourd'hui âgé de sept ans, est totalement aveugle et atteint d'une hémiplégie droite...

20 Minutes avec AFP

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Illustration: La balance de la justice.
Illustration: La balance de la justice. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Enervée par les pleurs du bébé dont elle avait la garde, elle l'avait violemment secoué, lui occasionnant un handicap irréversible: une nourrice sans agrément de 45 ans a été condamnée mercredi à cinq ans de prison ferme par la cour d'assises du Val-de-Marne.

La peine est conforme à ce qu'avait requis mardi l'avocat général, qui avait qualifié l'accusée d'«incompétente», «imprudente» et «violente».

Les faits remontent au 4 septembre 2008. Ce jour-là, les parents du bébé de sept mois et demi, le confient à leur nourrice, une femme de 45 ans, elle-même mère de trois enfants. Alors qu'il était en parfaite santé le matin, quand sa mère revient le chercher le soir, ses yeux paraissent gonflés et il semble paralysé. Hospitalisé le lendemain, il tombera dans le coma 48 heures plus tard.

L'enfant est totalement aveugle depuis

Présent dans la salle mardi matin, l'enfant, aujourd'hui âgé de sept ans, est totalement aveugle et atteint d'une hémiplégie droite. Scolarisé dans une école spécialisée après avoir passé plus de deux ans à l'hôpital, il présente un important retard moteur cérébral.

L'accusée avait une formation de comptable avant de devenir nourrice, une profession qu'elle exerçait sans agrément, pour arrondir ses fins de mois. A l'audience, elle a reconnu sa «faute» et exprimé sa «peine» et sa «tristesse» aux parents de l'enfant.

Selon ses dires, au cours de la soirée, le bébé serait tombé deux fois du canapé et elle l'aurait ensuite secoué à trois reprises, d'abord pour qu'il cesse de pleurer, puis pour le réveiller. «Je l'ai tenu par les épaules et je l'ai secoué», a-t-elle déclaré, en mimant ses gestes devant la cour. Elle affirme qu'elle ne savait pas que ces secousses pouvait avoir des conséquences aussi graves.

La nourrice a également été condamnée à payer 200.000 euros de remboursement au fonds de garantie des victimes qui avait versé cette somme aux parents de l'enfant.