Bolos, selfie...: Comment sont choisis les nouveaux mots du «Petit Larousse»

DICTIONNAIRES L’édition 2016 du « Petit Larousse » intègre 150 nouveaux mots…

Anissa Boumediene

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L'édition 2016 du Petit Larousse illustré.
L'édition 2016 du Petit Larousse illustré. — E.FEFERBERG / AFP

BHL en train de faire un selfie : bolos ou pas ? Ses détracteurs lui suggéreront de virer végan et de se nourrir de baies de goji et de cœurs-de-bœuf. Ses partisans lui conseilleront plutôt de mettre sa plus belle sape et d’aller dans l’un des temples de la bistronomie parisienne avant de lâcher quelques bidons pour une soirée sympa à la Philharmonie. Il y croisera peut-être Novak Djokovic ou Pierre Richard et entamera une discussion passionnante sur Malala ou la dédiabolisation du FN. D’aucuns diront que les journalistes sont partis en cacahuètes et qu’ils auraient besoin de siester ou de faire un truc zénifiant comme écouter du Michel Jonasz. Qu’on se rassure, il ne s’agit là que d’un florilège des petits nouveaux de l’édition 2016 du Petit Larousse illustré*. 20 Minutes vous explique comment ils sont sélectionnés.

Observer la langue française

Chaque année, 150 mots et expressions font leur apparition dans le Petit Larousse. « On commence par observer l’évolution de la langue française », explique Carine Girac-Marinier, directrice du département Encyclopédies et dictionnaires chez Larousse. On répertorie les nouveaux mots et au bout de six à huit mois, on procède au vote. L’édition 2016 est donc connectée, accueillant big data et selfie dans ses pages.

Côté personnalités, place aux pointures. « On ne choisit que des hommes et femmes qui ont marqué leur discipline », poursuit-elle. Renaud Lavillenie, Banksy et Pierre Hermé apprécieront le compliment.

Pas d’effet de mode

Et en 2016, Le Petit Larousse parle le djeun’s. Bolos, atomiser et glamouriser ont gagné leur ticket d’entrée pour le dico. Après plusieurs années d’usage tout de même. « Nous évitons les effets de mode et avant d’intégrer un mot dans le dictionnaire, nous devons être sûrs qu’une majorité de gens a déjà entendu ce terme et qu’il est employé par le plus grand nombre, pas seulement par les ados par exemple », indique Carine Girac-Marinier. Pas question de rétropédaler.

C’est pourquoi il a fallu si longtemps à l’expression partir en cacahuète pour être consacrée. Pour autant, il n’est jamais trop tard. « Cette expression est très utilisée et a un sens très figuratif, analyse la directrice du département Dictionnaires. Si quelqu’un ne la connaît pas, il est très difficile de la comprendre. Et c’est cela la mission d’un dictionnaire, se réjouit-elle : apporter aux lecteurs une signification à quelque chose qui de prime abord n’a pas de sens. »

*Le Petit Larousse illustré édition 2016, 29,90 euros. En vente le 28 mai 2015.