61% des Français sont contre la réforme du collège

SONDAGE Une large majorité de français est opposée à la réforme portée par Najat Vallaud-Belkacem...

Julien Sofianos

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Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, dans son bureau rue de Grenelle (Paris VIIe), en mai 2015.
Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale, dans son bureau rue de Grenelle (Paris VIIe), en mai 2015. — SIPA

Une large majorité. Quelque 61% des Français se disent opposés à la réforme du collège, qui ne trouve grâce qu'aux yeux des sympathisants de gauche, selon un sondage Odoxa publié vendredi soir pour iTELE.

Sans surprise, 75% des sympathisants de droite se déclarent contre la réforme proposée par la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem, attaquée avec virulence par les ténors de la droite depuis plusieurs jours.

Ils sont toutefois 23% à se dire pour. Mais 67% des personnes se déclarant sans préférence partisane se disent elles aussi opposées au projet de la ministre, qui prévoit la suppression des options latin/grec et classes bilangues (deux langues étrangères en sixième, option dont 16% des élèves bénéficient).

Un nouveau programme qui divise

Ces options sont remplacées par une initiation aux langues et cultures de l'Antiquité et l'enseignement de deux langues étrangères dès la cinquième pour tous les collégiens (soit un an avant ce qui se fait actuellement). La réforme prévoit également d'accroitre l'autonomie des établissements et de favoriser l'interdisciplinarité (enseignement de plusieurs matières au sein d'une même leçon), des points clés du projet du ministère mais moins polémiques car plus abstraits aux yeux du grand public.

Le gouvernement promeut sa réforme en estimant qu'elle améliorera le niveau général des élèves, alors que les petits Français à la sortie du collège sont très mal classés dans les études internationales.

La France est notamment le pays de l'OCDE où l'origine sociale des élèves a le plus d'influence sur leur destin scolaire. Et pourtant, 67% des personnes issues des classes sociales les moins favorisées rejettent cette réforme, contre 58% issues des plus aisées.

La droite, mais aussi quelques personnalités de gauche, redoutent un nivellement par le bas, un argument qui semble porter auprès de l'opinion, selon ce sondage réalisé par internet les 13 et 14 mai auprès de 1.025 personnes représentatives de la population française âgées de plus de 18 ans.