L'ONU préoccupée par la «stigmatisation croissante» des Roms en France

SOCIETE Des rapports font état d’une « exclusion massive » de Roms...

A.B. avec AFP

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Des familles roms à Marseille (photo d'illustration).
Des familles roms à Marseille (photo d'illustration). — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale (Cerd) s’est dit vendredi préoccupé par la « stigmatisation croissante » des Roms en France.

Une « exclusion massive » de Roms

Les dix-huits experts du Cerd ont émis une série d’observations et recommandations, après l’examen les 28 et 29 avril de la politique française envers ses minorités lors de laquelle ils avaient constaté que des rapports font état d’une « exclusion massive » de Roms.

Dans ses observations, le Comité de l’ONU se dit « préoccupé par des informations faisant état de la stigmatisation croissante des Roms par le discours de haine raciale y compris par des élus politiques, l’exclusion et le renforcement des stéréotypes à leur égard ».

Il s’alarme aussi des « atteintes incessantes et répétées à leur droit au logement caractérisées par les évacuations forcées de campements où vivent les Roms sans offrir, dans un grand nombre de cas, de solutions alternatives de relogement ».

Des informations font également état « de violences répétées par des personnes privées et l’usage excessif de la force par la police lors d’évacuations forcées de campements », s’inquiètent aussi les experts.

Promouvoir la tolérance à l’égard des populations Rom

Ils recommandent aux autorités françaises de mener des campagnes de sensibilisation afin de promouvoir la tolérance à l’égard des populations Rom et de « prendre en urgence les mesures nécessaires pour protéger les Roms contre toutes violences ».

Le Comité demande aussi à la France d’abolir les livrets de circulation pour les gens du voyage.

Les experts de l’ONU ont par ailleurs salué la présentation par la France le 17 avril d’un plan de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, un plan gouvernemental promis par François Hollande après les attentats jihadistes de Paris de janvier.

Le Cerd, qui veille au respect de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale de 1965, se dit par ailleurs « préoccupé par la recrudescence du discours de haine raciale et xénophobe de la part de certains milieux politiques et des médias qui contribue à la banalisation du racisme et de la xénophobie au sein de la population française ».

Il est aussi préoccupé par le fait que la concentration de certaines populations d’origine étrangère ou de migrants dans des zones spécifiques conduit à la création de « ghettos territoriaux et peut conduire à la ségrégation raciale », soulignant que ces populations continuent de rencontrer des discriminations notamment dans l’accès à l’emploi, à la santé et au logement.