Pôle judiciaire de la gendarmerie: Les «Experts» français, une référence pour lutter contre la criminalité

ENQUETES Installés jusqu’à présent à Rosny-sous-Bois, les spécialistes de l’intelligence judiciaire déménagent à Pontoise…

William Molinié

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Les «Experts» déménagent à Pontoise entre janvier et juin 2015 dans les nouveaux locaux du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale
Les «Experts» déménagent à Pontoise entre janvier et juin 2015 dans les nouveaux locaux du pôle judiciaire de la gendarmerie nationale — William Molinié

Exit les préfabriqués de Rosny-sous-Bois. A Pontoise, les gendarmes intègrent des locaux flambant neufs. Le nouveau Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN), inauguré ce jeudi après-midi par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, a comme ambition de devenir une référence internationale en matière de lutte contre la délinquance.

Avec un laboratoire de pointe (IRCGN), un Service central du renseignement criminel (SCRC) et un Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N), le PJGN, qui se déploie sur 20.000m2, résulte des «évolutions de la délinquance et de la criminalité», explique Jacques Hébrard, le général de division qui commande le PJGN. «Ces locaux illustrent une nouvelle approche dans le traitement de la délinquance, celle de la pluridisciplinarité», poursuit-il.

>> En images: Plongée au cœur de l’enquête

Identification des victimes

Le déménagement doit transférer plus de 500 gendarmes au sein des nouveaux bâtiments. Une zone de vie sur la base militaire a été construite pour eux et leurs familles. Le transfert a commencé en janvier et doit s’achever le mois prochain. Service par service, les employés prennent possession des lieux. Tout en devant continuer de traiter les affaires courantes. Comme lorsque pas encore installé, le laboratoire, qui pilote la chaîne criminalistique, a dû se rendre en hâte à la Seyne-les-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence) fin mars pour identifier les corps des victimes du crash de la Germanwings. «Cela n’a pas retardé le déménagement. Mais il a fallu faire preuve de réactivité», souligne un haut gradé.

C'est sur ce poste de travail qu'ont été écoutés les enregistrements issus des boîtes noires de l'A320 de la Germanwings qui s'est écrasé dans les Alpes en mars 2015. - William Molinié / 20 Minutes

Une fois sur place, les enquêteurs scientifiques ont transmis leurs relevés d’ADN au laboratoire aux fins d’analyses. Selon la qualité du support, ils peuvent dans ce nouveau site déterminer une empreinte génétique en moins de trois heures. «Pour le crash du Mali, nous avons identifié 115 des 116 morts. Concernant celui de la Germanwings, plusieurs milliers d’échantillons sont passés par notre chaîne», explique le capitaine Sylvain Hubac, chef du Service central d’analyses génétiques de la gendarmerie individu (SCAGGI). Au total, 635 analystes chez les gendarmes sont formés au rapprochement et à l’analyse.

«Favoriser l’échange de l’information»

Dans ces nouveaux locaux, les cybergendarmes quant à eux vont traquer les pédophiles sur Internet et lutter contre toutes les formes de délinquance numérique. L’ensemble des services d’investigation seront reliés au SCRC, le cœur névralgique du renseignement criminel. «Un pavillon de verre est au centre des locaux pour favoriser le partage et l’échange de l’information», appuie-t-on au PJGN.

Le laboratoire du PJGN a reçu des milliers d'échantillons ADN en provenance du crash de l'A320 de la Germanwings à analyser et à comparer. - William Molinié / 20 Minutes

Outre l’appui technique et scientifique qu’apporte le PJGN, les gendarmes peuvent aussi projeter du matériel scientifique sur le terrain avec une gamme d’appareils topographiques et de reconstitution de scènes de crime en 3D. «Par ailleurs, nous participons à des programmes de recherche et à la création de logiciels», ajoute-t-on. Surnommé les «Experts» en référence à la série américaine, les gendarmes préfèrent désormais l’appellation de «Spécialistes». Qualification qu’ils disent plus pointue.