Julien Coupat: L'affaire est partie d'une «construction policière hilarante»

ENQUETE Le chef présumé du «groupe de Tarnac» a affirmé sur France Inter qu'elle a été mise en oeuvre par «des gens qui n'ont aucun scrupule à produire des faux»...

R.L.
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Tarnac, petit village de Corrèze, a été le théâtre de l'arrestation du groupe de Julien Coupat, présenté comme un groupe terroriste.
Tarnac, petit village de Corrèze, a été le théâtre de l'arrestation du groupe de Julien Coupat, présenté comme un groupe terroriste. — BISSON/JDD/SIPA

Le leader présumé du «groupe de Tarnac», Julien Coupat, a réfuté mardi la qualification de terroriste retenue par le parquet qui a demandé son renvoi en correctionnelle en lien avec des sabotages de lignes TGV en 2008, s'estimant «plutôt bibliothécaire».

L'affaire est partie d'une «construction policière assez hilarante», mise en oeuvre par «des gens qui n'ont aucun scrupule à produire des faux», a-t-il affirmé sur France Inter.

«Bibliothécaire»

Le «groupe de Tarnac», présenté comme proche de l'ultra-gauche, est soupçonné d'être à l'origine de sabotages de lignes SNCF dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 sur des caténaires, dans l'Oise, l'Yonne et la Seine-et-Marne.

Au total, le parquet demande que huit personnes soient jugées. Il a retenu les chefs de dégradations en réunion et association de malfaiteurs terroriste pour Julien Coupat, son épouse Yildune Levy et son ex-compagne.

«Je me considère plutôt comme bibliothécaire» que comme terroriste, «mais c'est son parti», a dit Julien Coupat réagissant aux réquisitions du ministère public.

Pour caractériser le «basculement dans le terrorisme» du «groupe de Tarnac», le parquet a notamment relevé des extraits du livre «L'Insurrection qui vient» (2007), attribué à Julien Coupat, qui fait l'apologie de modes de sabotage propres à «finaliser la chute de l'État» et désigne le réseau TGV comme cible «aisée».

Une révolution en France «serait la moindre des choses»

«On est dans une procédure où on ose se baser sur un livre en vente à la Fnac pour justifier une incrimination de terrorisme, ce qui est tout simplement risible», a commenté Julien Coupat, refusant de dire s'il était l'auteur de l'ouvrage.

Il s'est inquiété, plus généralement, d'une «séquence» après les attentats parisiens de janvier marquée par l'inscription dans le code pénal du délit d'apologie du terrorisme et le vote, la semaine dernière, du projet de loi sur le renseignement. «Le lendemain du vote d'une loi (...) qu'à peu près tous les gens sensés sont fondés à considérer comme scélérate, le parquet a l'impudence de maintenir l'incrimination de terrorisme dans l'un des plus grands fiascos de l'antiterrorisme des dix dernières années», a-t-il dit.

Dans ce contexte, une révolution en France «serait la moindre des choses», estime-t-il.