Policiers tués sur le périphérique: Le conducteur du 4X4 renvoyé aux assises pour coups mortels

INFO «20 Minutes» Le parquet, qui avait requis l'homicide volontaire, va faire appel...

William Molinié

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Les gardes à vue du chauffard de 22 ans qui a tué jeudi deux policier en percutant leur voiture avec un 4x4 noir sur le périphérique parisien, et de son passager, ont été prolongées vendredi matin.
Les gardes à vue du chauffard de 22 ans qui a tué jeudi deux policier en percutant leur voiture avec un 4x4 noir sur le périphérique parisien, et de son passager, ont été prolongées vendredi matin. — Kenzo Tribouillard AFP

La course-poursuite sur le périphérique s'était achevée par la mort de deux policiers. Le conducteur du 4X4, âgé de 22 ans, qui conduisait sans permis a été renvoyé devant la cour d'assises pour «coups mortels», a appris ce lundi 20 Minutes de sources judiciaires. Dans son ordonnance de mise en accusation, rendue le jeudi 7 mai, le juge d'instruction n'a pas retenu l'intention de tuer chez le chauffard.

Le parquet a donc annoncé à 20 Minutes qu'il allait faire appel ce lundi. En effet, il avait requis il y a un mois le renvoi aux assises de Malamine Traoré, le conducteur, pour «homicides volontaires». Des faits passibles de 30 ans de réclusion criminelle. Or le chef d'accusation retenu, «coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner», n'est passible que de 15 ans de prison.

Outre les coups mortels, le suspect a aussi été renvoyé pour refus d'obtempérer, conduite sous l'empire d'un état alcoolique et conduite sans permis.

Pas de trace de freinage

L'accident était survenu le 21 février 2013 à l'aube au niveau de la porte de Clignacourt sur le périphérique intérieur. La voiture des policiers de la Bac de nuit avait été percutée à l'arrière par un Range Rover qui avait été pris en chasse par la police dans l'ouest de Paris. Deux policiers, Cyrille Genest, 40 ans, et Boris Voelkel, 32 ans, avaient trouvé la mort. Un troisième passager avait été grièvemment blessé.

Le conducteur avait 1,4g d'alcool par litre de sang. Il avait été déjà condamné à huit reprises, dont cinq fois pour des délits routiers. François Molins, le procureur de la République avait souligné l'absence de trace de freinage et avait évoqué une vitesse de 150km/h.