«Guerre des clans» en Corse: Alain et Guy Orsoni devant les assises

JUSTICE Ces anciennes figures du nationalisme corse sont accusés de menaces de mort et de deux assassinats commis en 2009 en Corse

20 Minutes avec AFP
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Alain Orsoni tient une conférence de presse, le 11 mars 2015 au stade François-Coty à Ajaccio, pour annoncer sa démission de la présidence du club de football de l'ACA
Alain Orsoni tient une conférence de presse, le 11 mars 2015 au stade François-Coty à Ajaccio, pour annoncer sa démission de la présidence du club de football de l'ACA — Pascal Pochard-Casabianca AFP

Onze personnes dont l'ex-dirigeant nationaliste corse Alain Orsoni, poursuivi pour menaces de mort, et son fils Guy, accusé de deux assassinats commis en 2009 en Corse, comparaissent à partir de lundi devant les assises des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence.

Ce procès qui illustre, selon l'accusation, la «guerre des clans» sévissant sur l'île à cette époque, est prévu pour durer jusqu'à début juillet.

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Tous les accusés nient les faits qui leur sont reprochés, même si Alain Orsoni a reconnu avoir écrit la lettre menaçante retrouvée chez l'une des victimes. Mais aux yeux de celui qui se dit «l'objet de beaucoup de fantasmes», rien n'accrédite l'idée d'une «guerre de clans» l'opposant aux Castola, et, plus généralement, aux proches de la «bande du Petit Bar».

Des proches de la «bande du Petit Bar»

Le 3 janvier 2009, Thierry Castola est abattu en sortant d'un bar de Bastelicaccia, à quelques kilomètres d'Ajaccio. Le 29 janvier, Sabri Brahimi est à son tour tué à Ajaccio par des hommes à moto. Et le 22 juin 2009, c'est Francis Castola, le frère de Thierry, qui est blessé par des coups de feu alors qu'il circule en moto près d'Ajaccio.

Point commun entre ces hommes, selon les enquêteurs: Etre des membres ou des proches de la «bande du Petit Bar», du nom d'un café d'Ajaccio où se réunissaient ces malfaiteurs présumés.

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Assez rapidement, des renseignements anonymes vont conduire les enquêteurs sur la piste de Guy Orsoni et de certains de ses proches, accusés d'avoir perpétré les deux homicides.

Assassinats en cascade

L'assassinat de Thierry Castola, puis celui de Sabri Brahimi et la tentative visant Francis Castola seraient, selon l'accusation, la réponse du «clan Orsoni», initiée par Guy, à cette tentative d'assassinat visant Alain Orsoni. A ce mobile, toujours selon l'accusation, s'ajouterait un conflit financier entre les fils Castola et Alain Orsoni à qui Thierry aurait demandé le remboursement des sommes avancées par leur père, assassiné lui aussi en mars 2005.

Cette demande de remboursement aurait motivé la lettre menaçante adressée par Alain Orsoni à Thierry Castola dans laquelle il explique qu'il ne veut pas payer des gens qui cherchent à le tuer. Ecrite sous le coup de la colère, a-t-il assuré aux enquêteurs, elle lui vaut de comparaître devant la cour d'assises. Un temps poursuivi pour complicité dans l'assassinat de Thierry Castola, il avait finalement obtenu un non-lieu.

Depuis ces meurtres commis en 2009, plusieurs proches d'Alain Orsoni ont été assassinés, dont le président de la CCI de Corse-du-Sud Jacques Nacer et l'ancien bâtonnier d'Ajaccio Antoine Sollacaro ainsi que deux anciens militants du MPA, Antoine Nivaggioni et Noël Andreani.