Esclavagisme: «La France est capable de regarder son histoire», affirme Hollande

GUADELOUPE Pour lui, la  «seule dette qui doit être réglée» aux descendants d'esclaves est de «faire avancer l'humanité»...

20 Minutes avec AFP

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Le président François Hollande prononce son discours lors de l'inauguration du Mémorial ACTe consacré à l'esclavage, le 10 mai 2015 à Point-à-Pitre (Martinique)
Le président François Hollande prononce son discours lors de l'inauguration du Mémorial ACTe consacré à l'esclavage, le 10 mai 2015 à Point-à-Pitre (Martinique) — ALAIN JOCARD AFP

La «seule dette qui doit être réglée» aux descendants d'esclaves est de «faire avancer l'humanité», a déclaré François Hollande à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), restant ferme sur son refus d'une indemnisation financière. En déplacement aux Antilles, le chef de l'Etat a inauguré ce dimanche le Mémorial ACTe consacré à l'esclavage, le jour commémorant l'abolition de l'esclavage. 

Comme il l'avait fait la veille en Martinique, François Hollande a dénoncé les «nouveaux négriers» tels ceux qui oeuvrent en Méditerranée pour faire passer des migrants. Mais il a écarté tout amalgame entre l'esclavage passé, système légal, et les formes présentes d'esclavage, condamnées par les institutions internationales.

La France face à son histoire

«La seule dette qui doit être réglée, c'est de faire avancer l'humanité. C'est ce que ce Mémorial (ACTe) nous rappelle», a déclaré le président de la République, devant ce grand centre caribéen d'expressions et de mémoire de l'esclavage, en présence d'une trentaine de dirigeants africains et caribéens.

«La France toute entière est engagée dans cette reconnaissance au-delà des sensibilités, des philosophies. La France est capable de regarder son histoire, parce que la France est un grand pays qui n'a peur de rien et surtout pas d'elle même» a affirmé François Hollande.

S'acquitter d'une «dette morale»

S'adressant directement au président haïtien Michel Martelly, chez qui il se rendra mardi, François Hollande a dit sa «fierté» de le voir participer à ce 10 mai un peu particulier. Il a souligné «l'exceptionnel combat pour la liberté d'Haïti», «première colonie libre, première république noire ayant fait échec au rétablissement de l'esclavage» par Napoléon en 1802.

Haïti a dû verser une «rançon d'indépendance» à la France jusqu'au milieu du XXe siècle. «Eh bien, quand je viendrai à Haïti, j'acquitterai à mon tour la dette que nous avons», a-t-il affirmé, chaudement applaudi par l'assistance. Son entourage a précisé à l'AFP qu'il s'agissait bien d'une «dette morale».