L’orientation reste un casse-tête pour les lycéens

EDUCATION Selon un sondage OpinionWay pour LinkedIn révélé en exclusivité par «20 Minutes», 4 lycéens français sur 10 commencent à réfléchir juste avant leur baccalauréat à leur orientation ...

Delphine Bancaud

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Un amphithéâtre dans une université en France
Un amphithéâtre dans une université en France — Joel Saget AFP

«Et toi, que veux-tu faire plus tard?» Une question souvent posée aux lycéens et qui suscite parfois des réponses floues. Car selon un sondage OpinionWay pour LinkedIn révélé en exclusivité par 20 Minutes, la majorité des lycéens commence à réfléchir tardivement à ses choix d’orientation, 4  lycéens sur 10 n’y pensant même qu’au tout dernier moment en terminale, juste avant leur baccalauréat.

Des chiffres qui n’étonnent pas Gérard Roudaut, fondateur du site consacré à l’orientation Maptoomi: «La pression de la réussite scolaire  pèse sur les lycéens qui sont conscients de l’enjeu d’une bonne orientation. Et c’est justement leur inquiétude qui les pousse souvent à faire l’autruche et à s’occuper du sujet au dernier moment», affirme-t-il. Pour expliquer cette réflexion tardive, la moitié des sondés estiment aussi que les élèves de terminale sont trop jeunes pour choisir une filière (51%). «Cette année-là, les élèves sont parfois davantage préoccupés par le bac que par leur futur cursus», explique aussi Laurence Bret-Stern, directrice marketing Europe de LinkedIn.

Difficile de se projeter dans un métier

Obligés de prononcer des vœux d’orientation en cours d'année, un élève sur deux ne sait pas ce qu’il veut faire professionnellement. «Ils choisissent une filière, mais ne savent pas toujours à quels métiers elle mène», constate Gérard Roudaut. Par ailleurs, les métiers semblent avoir perdu de leur lisibilité auprès des jeunes, comme le souligne Laurence Bret: «Beaucoup de métiers sont nouveaux, ce qui ajoute une difficulté pour se projeter dans le monde du travail». Pas étonnant donc, que parmi les jeunes envisageant depuis longtemps une filière, beaucoup d'entre eux visent le domaine médical ou paramédical. «Ces métiers sont très identifiables par les jeunes et ont une image sociale claire, ce qui suscite davantage de vocations», analyse Gérard Roudaut.

Au final, quand ils repensent au moment où ils ont dû choisir leur voie, la majorité des étudiants déclarent qu’ils auraient aimé être davantage accompagnés. Or, les conseillers d’orientation dans les lycées ne sont souvent pas assez nombreux pour le faire. «Et lorsqu’ils se rendent sur les salons d’orientation, les élèves n’ont accès qu’un petit panel d’établissements, qui ont payé pour être là, ce qui ne permet pas d’avoir une vision globale du système éducatif», ajoute Gérard Roudaut. Du coup, l’orientation est encore très souvent guidée par les parents, qui ne sont pas les meilleurs conseillers en la matière.

Etre accompagné par un adulte pour y voir plus clair

Pour s'informer, 40% d'entre eux utilisent Internet en consultant des sites spécialisés (23%) ou des réseaux sociaux professionnels (17%). «Beaucoup d'entre eux vérifient la réputation d'une école ou d'une université sur les réseaux sociaux avant d'y postuler», affirme Laurence Bret. «Mais la complexité de l’enseignement supérieur est telle, qu’il est souvent difficile pour eux de se repérer dans le dédale de formations. Surtout lorsqu’on observe le nombre de licences et de mentions qu’elles proposent», souligne Gérard Roudaud. «Pour être guidé dans ses choix, l'aide d'un mentor qui peut être un ami des parents ou le parent d'un camarade est fortement recommandé», conseille Laurence Bret. Car c’est par le dialogue qu'on peut réellement trouver sa voie.

*Etude réalisée par OpinionWay du 25 mars au 10 avril 2015 auprès d’un échantillon représentatif de 1907 étudiants Français selon la méthode des quotas.

Pour aller plus loin

Le Student hub, plateforme dédiée aux étudiants sur LinkedIn, donne un tas de conseils utiles pour soigner son profil sur le web, se créer un réseau professionnel...