Une lycéenne orléanaise dénonce un harcèlement lié à la longueur de sa jupe

SOCIETE Ikram dit être victime d’un harcèlement de la part d’un membre de l’encadrement et d’une professeure de son lycée…

A.Ch.

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Capture d'écran de La République du Centre.
Capture d'écran de La République du Centre. — larep.fr

Une semaine après l’interdiction de cours prononcée à l’encontre d’une collégienne de Charleville-Mézières, une nouvelle affaire de «longueur de jupe» pourrait secouer l’Education nationale. Au lycée Paul-Gauguin d’Orléans-La Source, Ikram, élève en terminale gestion et administration, s’apprête à déposer une plainte contre deux personnels du lycée professionnel pour discrimination et harcèlement moral.

Jupe trop longue: «ll ne faut pas confondre la longueur d’une jupe avec le prosélytisme»

«On m’a demandé si je voulais aller faire le djihad»

«Certains professeurs me parlent de ma tenue, de ma jupe longue. Tous les jours, on me dit que ce n'est pas une tenue appropriée. Mais dans le carnet, nulle part, il est écrit que l'on ne peut pas porter une jupe longue au lycée. Jamais, je n'ai le voile à l'intérieur de l'établissement, raconte Ikram à La République du Centre. On voit mes cheveux, je porte des boucles d'oreilles. Et ma jupe n'est pas un signe religieux.»

La lycéenne dit pourtant être convoquée toutes les semaines par la direction de l’établissement. «Je demande pourquoi on me convoque. On me dit que c'est parce que je suis trop couverte», explique-t-elle. Les remarques blessantes («On m’a demandé si je voulais aller faire le djihad. On m’a dit, aussi, que ma longue jupe pouvait servir à passer la serpillière») et les interdictions ponctuelles de cours ont poussé la jeune fille a ne plus venir qu’épisodiquement au lycée. «J’ai déjà plus de 200 heures d’absence depuis le début de l’année. J’arrive exprès en retard pour aller en permanence et éviter de voir ma professeure. Lorsque j’essaie de parler de mes absences avec des profs, il n’y a pas de dialogue possible», déplore-t-elle.

Le lycée se défend de toute discrimination

Ce mercredi, Ikram devait se rendre au commissariat afin de porter plainte, soutenue dans cette démarche par le collectif «Stop aux discriminations». Le proviseur du lycée Paul-Gauguin dit ne pas avoir eu connaissance du cas particulier d’Ikram mais a déclaré au quotidien local que «avoir une jupe longue n'a aucune importance. Il existe une loi, on ne peut pas porter de signe religieux ostentatoire. Et puis, nous sommes dans un lycée professionnel avec des lycéens qui seront sur le marché du travail dans trois mois. Cette tenue n'est pas appropriée.»

L’inspectrice d’académie adjointe, en revanche, semble connaître le dossier d’Ikram: «Les problèmes ne sont pas liés à sa jupe longue mais plutôt à un problème de vie scolaire, à un manque de travail. Elle n'a jamais été punie pour sa jupe. Il ne faut pas faire d'amalgame», a précisé Raymonde Rouzic, toujours dans La République du Centre.