Financement de campagne: Jeanne, le micro parti de Marine Le Pen a été mis en examen

POLITIQUE Marine Le Pen n'a rien «à se reprocher», répète-t-elle...

Vincent Vantighem

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Marine Le Pen, le 22 mars 2015.
Marine Le Pen, le 22 mars 2015. — Michel Spingler/AP/SIPA

Sale semaine pour Marine Le Pen. Alors que son père s’acharnait sur elle, mardi, la présidente du Front national a également appris que Jeanne, son micro parti, avait été mis en examen dans l’enquête sur le financement de campagne du Front national.

Marine Le Pen se défend de tout financement illégal

Structure utilisée dans les campagnes de la formation d’extrême droite, Jeanne a été mis en examen pour «acceptation par un parti politique d’un financement provenant d’une personne morale et escroqueries» lors des législatives de 2012, selon une source judiciaire.

«Je persiste à vous dire que nous n'avons rien à nous reprocher», a réagi Marine Le Pen en déplacement (chahuté) en République Tchèque. «Ce sont les choses qui sont dans la ligne, si vous voulez, attendues», a ajouté Marine Le Pen, avant d'insister sur le fait que «le processus de financement des élections a été à quatre reprises au moins entériné par la CNCCFP (la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques).

Des kits électoraux fournis aux candidats

L'enquête, menée par les juges financiers parisiens Renaud van Ruymbeke et Aude Buresi, porte sur le financement des campagnes présidentielle et législative 2012 et vise le FN, Jeanne et la société Riwal, qui conçoit et réalise de nombreux documents de propagande pour le parti d'extrême droite. C'est de cette société, dirigée par un proche de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon, que Jeanne est soupçonnée d'avoir reçu un financement illicite.

Justice: Le trésorier de Jeanne a été mis en examen

Lors des législatives, Jeanne, considéré comme le « microparti » de Marine Le Pen, a joué un rôle central, en prêtant des fonds aux candidats frontistes tout en leur fournissant des kits électoraux fabriqués par Riwal.

Un système en vase clos

Les enquêteurs soupçonnent que ce système en vase clos ait pu permettre à Riwal de charger l'addition et de pratiquer des surfacturations au préjudice final de l'État, qui rembourse les frais de campagne.

La société Riwal et son patron, Frédéric Chatillon, ont été mis en examen pour financement illégal de parti politique, en l'occurrence le FN et Jeanne. Riwal a aussi été mise en examen en tant que personne morale pour escroquerie.