Fichage d’élèves à Béziers: Robert Ménard entendu par la police pendant 1 heure

JUSTICE Le parquet de Béziers (Hérault) a ouvert une enquête préliminaire suite aux propos controversés de Robert Ménard sur les écoliers musulmans de sa ville…

Vincent Vantighem

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Robert Ménard en conférence de presse, le 5 mai 2015 à Béziers
Robert Ménard en conférence de presse, le 5 mai 2015 à Béziers — PASCAL GUYOT AFP

Lundi soir, l’émission «Mots croisés» touchait à sa fin et Robert Ménard n’a pas vraiment eu le temps de justifier ses propos polémiques. Le maire de Béziers (Hérault) en aura l’occasion, ce mercredi, devant le Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Montpellier. Visé par une enquête préliminaire, l’édile a dû s'expliquer ce mercredi sur le fichage supposé des écoliers musulmans qu’il aurait mis en place dans sa ville. Il a été entendu pendant près d'une heure.


Interrogé lundi soir sur le plateau de «Mots croisés» de France 2 sur le chiffre de 64,6% d’écoliers musulmans dans sa commune qu'il avançait, Robert Ménard, élu avec les voix du FN en 2014, avait en effet admis avoir calculé ce pourcentage en se basant sur les prénoms des élèves présents dans les écoles de Béziers.

«Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms classe pas classe des enfants…» Relancé par un chroniqueur sur le fait qu’un prénom ne permet pas de connaître la confession religieuse d'un enfant, Robert Ménard avait montré sa désapprobation: «Les prénoms disent les confessions! Dire l’inverse, c’est nier une évidence…»

Une perquisition en mairie dès mardi

Devant le tollé suscité par de tels propos, Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education nationale, a demandé, mardi, au rectorat de Montpellier de saisir le parquet de Béziers qui a donc ouvert une enquête préliminaire. Et la justice veut aller vite.

Réactions: La gauche condamne les propos de Ménard

Après une perquisition en mairie de Béziers mardi après-midi qui n’aurait donné aucun résultat, selon les informations du Midi-Libre, l’ancien patron de Reporters sans frontières va donc devoir s’expliquer devant les enquêteurs du SRPJ de Montpellier.

Un an de prison pour Incitation à la discrimination

Il a pris les devants dès mardi soir convoquant une conférence de presse. «Il n'y a pas de fichage des élèves à Béziers (...) et il n'y en aura jamais», a-t-il assuré sans pour autant revenir sur les chiffres qu’il avait lui-même avancés. «Je réserve mes autres réponses au juge d’instruction et à la police si on me les demande».

Justice: Que risque Robert Ménard?

S’il était reconnu coupable «d’incitation à la discrimination», l’édile risquerait une peine d’un an de prison et de 45.000 euros d’amende, en cas de procès. Mais les conséquences pourraient également être politiques. A l’Assemblée nationale, mardi, Cécile Duflot, l’ancienne ministre (EELV) a carrément demandé au gouvernement de suspendre son mandat de maire comme le prévoit l’article L- 2122-16 du Code général des collectivités territoriales.