Affaires de pédophilie à l’école: Les associations plutôt satisfaites des annonces du gouvernement

EDUCATION Les ministres de la Justice et de l'Education ont annoncé qu'une loi allait bientôt obliger la Justice à transmettre à l'administration les condamnations de ses agents exerçant une activité en contact avec des mineurs...

Delphine Bancaud
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Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem give le 4 mai 2015 à Grenoble. AFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT
Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem give le 4 mai 2015 à Grenoble. AFP PHOTO / JEAN-PIERRE CLATOT — AFP

Elles sont un peu rassurées. Les associations de parents d’élèves et de protection de l’enfance ont bien accueilli les annonces ce lundi de Christiane Taubira et Najat Vallaud-Belkacem à la suite des scandales de pédophilie survenus récemment dans l'Isère et l'Ille-et-Vilaine.

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Car même si les associations de parents d’élèves déclarent ne pas recevoir beaucoup d’appels de parents inquiets depuis la révélation de ces affaires de pédophilie, elles estiment qu’ils attendaient une réponse rapide du gouvernement dans ce dossier. «Les dysfonctionnements des administrations étant avérés, les parents n’auraient pas compris que le gouvernement ne réagisse pas», explique Valérie Marty, présidente de la Peep. Paul Raoult, président de la FCPE se dit également «satisfait que le gouvernement ait pris des décisions à la suite de ces drames».

«Mieux protéger les enfants»

Valérie Marty salue «le fait que la loi oblige à l’avenir [le dispositif devrait être opérationnel à la rentrée] la Justice à transmettre à l'administration les condamnations de ses agents exerçant une activité en contact avec des mineurs. ça va dans le bon sens. Ça donne un cadre, mais il faudra juger ensuite de son application». «Que les employeurs soient systématiquement alertés des agissements pédophiles de certains de leurs agents va permettre de mieux protéger les enfants», estime de son côté Laura, de l’association l’Enfant bleu.

Les ministres ont aussi annoncé que désormais l’administration serait informée des procédures judiciaires en cours d’instruction en cas de mise en examen et pourrait aussi l’être au cours de l’enquête si le procureur le décide. «C’est une grande avancée, car cela va permettre d’empêcher préventivement le suspect d’être au contact des enfants. Et donc d’éviter ainsi d’éventuels drames», explique Valérie Marty.

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Mieux former les personnels

Un guide pratique permettant aux agents de connaître le mode de conduite à tenir pour signaler les cas de pédophilie présumés devrait aussi bientôt voir le jour. «C’est très important mais cela ne suffit pas. Il faudrait les sensibiliser sur les violences faites aux enfants bien en amont», estime Laura de l’Enfant bleu. Un avis partagé par Paul Raoult: «Il faut former les personnels des écoles à la détection de signes de détresse chez l’enfant, afin de leur permettre de réagir au mieux dans les cas de pédophilie». Pour Valérie Marty, «il y a aussi urgence à ce que les casiers judiciaires de tous les personnels au contact des enfants soient à nouveau analysés afin de vérifier si personne n’est passé entre les mailles du filet».

Enfin, les mesures annoncées devront encore convaincre les Français dans leur globalité, car selon un sondage YouGov pour 20 minutes, 43% des sondés déclarent moins faire confiance à l’éducation nationale après ces affaires de pédophilie et 32% affirment être plus méfiants à l’égard d’un enseignant homme que par rapport à une enseignante femme.

*Etude réalisée en ligne par YouGov pour 20 Minutes du 28 au 29 avril 2015 auprès de 1.020 personnes, auprès d’un échantillon représentatif de la population nationale française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas). Rejoignez le panel YouGov